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Vers toi terre promise

de Jean-Claude Grumberg


Vers toi terre promise :A propos de Vers toi terre promise

Extrait du dossier Pièce démontée N°59, octobre 2008

Une fois la pièce confiée à Charles Tordjman et à son équipe, Jean-Claude Grumberg écrit : « Ce sera à lui de ramener l’enfant que je fus, et que sans doute je reste, dans ce cercle banal à pleurer comme chantait Piaf. »

Au sujet de la foi, il rappelle : « C’est aussi une pièce sur la foi. On croit qu’on ne croit pas. Voilà le credo de Charles le dentiste. Il croit qu’il ne croit pas. Il ne veut à son chevet ni rabbin, ni archevêque. En un temps où le religieux revient au galop, il est bon que chacun affiche sa propre foi. Voilà la mienne : je crois que je ne crois pas, comme le dentiste, et ce de plus en plus. » L’étude de la pièce doit être envisagée dans une perspective de réflexion sur les hommes et leur construction après les épreuves subies, et de mise en lumière de l’Histoire et de sa transmission.

> Rendre les élèves sensibles à ces éléments biographiques qui témoignent, par les choix d’écriture des pièces L’Atelier ou Zone libre ou des scénarii Les Années sandwichs, Le Dernier métro au cinéma, du devoir de mémoire et de la volonté de transmission des traumatismes de la guerre. Quel est le rôle de la transmission ?

À la lecture de la biographie, on constate que les œuvres dramatiques ou filmiques de J.-C. Grumberg mettent en scène l’histoire et sa violence, les hommes ayant souffert des conséquences de la guerre, et comment ils composent leur nouvelle vie avec des plaies non cicatrisées. L’auteur évoque le génocide à travers la parole des personnages ou bien leur silence, leur enfermement. Dans la pièce de Grumberg « Le dire c’est se souvenir » et non pas comme chez d’Aubignac « Le dire c’est agir ». L’articulation entre l’Histoire des pays et l’histoire des Hommes prend ici tout son sens. Sur ce terme « Histoire », Georges Perec parlait de « l’Histoire avec sa grande hache ». L’Histoire a-t-elle décapité l’histoire de l’Homme ? Le collectif et l’individuel sont indissociables : d’un côté, on trouve une tragédie collective et, de l’autre, une tragédie individuelle, et l’une et l’autre ne cessent de se cogner, de se fissurer mais aussi de se ressouder comme on le verra plus loin. Le destin de l’une renvoie à l’autre. J.-C. Grumberg a fait le choix de transmettre son expérience de la guerre, Primo Levi relate dans ses œuvres ce même questionnement – on pourra faire lire des extraits de Si c’est un homme. Il fera des conférences à travers les établissements scolaires pour décrire l’horreur des camps. Telle est la mission de l’auteur : transmettre les horreurs enfantées pendant la guerre.

> Demander comment le lecteur/spectateur reçoit émotionnellement ces œuvres qui rela- tent une histoire douloureuse par les atrocités qu’elle évoque ?


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