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Couple


:Entretien avec Gilles Gaston-Dreyfus

Propos recueillis par Pierre Notte

Couple, c’est le titre… Vous serez deux sur le plateau, avec Anne Benoit, mais pour quelle sorte de couple ? Conjugal ? Professionnel ?

Couple est l’histoire d’un couple. Un homme et une femme. Le couple, c’est l’épisode sociétal, l’intégration maximum, le normatif absolu, une réussite, un bien être, un sens. D’autres temps succèderont à ce temps-là. Mieux ou moins bien. Différents. Ils sont mariés et ont un grand enfant qui n’habite plus à la maison et que l’on imagine à Lyon ayant monté avec un camarade d’école, un commerce sur internet de livraison de croissant à domicile. Croissantchezvous.com. On imagine quelque chose comme ça…

Mais le couple, votre couple de Couple, il en est où celui-là ?

Ce couple est à un moment du sablier. Une vie derrière et une vie devant. La vie derrière permet à chacun d’avoir de solides certitudes pour exploiter au maximum ses chances de ne pas rater la vie devant. La vie derrière a bien entendu engendré de sacrés habitudes dont certaines sont nées de contraintes qui certaines au fil du temps deviendront des frustrations qui s’exprimeront tôt au tard. Ou pas.

Elles s’exprimeront, au final ?

Il est vrai que les frustrations ne sont pas obligées de s’exprimer, mais le propos ici est de les exprimer, puisque ce qui nous intéresse est l’expression de ce qui d'ordinaire ne s’exprime pas.

Il est encore question de crimes, de meurtres, d’un fait divers meurtrier… Qui tue qui ? Et pourquoi ?

Si c’est le zigouillage qui est choisi comme mode d’expression ultime, c’est parce qu’il est radical, définitif, on ne peut pas s’excuser, il est trop tard et parce qu’il reste encore et malgré tout assez abstrait, « Une seconde avant sa mort il était toujours vivant ». Et parce que c’est le mode d’expression le plus terrifiant donc le plus drôle à exorciser pour chacun et rigolo à raconter parce qu’elle n’est pas vraie cette histoire.

Elle n’est pas vraie cette histoire ?

Si elle est vraie.

C’est vrai ? Elle est vraie ?

Non.

Comment cela va s’organiser sur scène ? Par improvisations ? Et dans quel espace ?

J’aimerais que Anne et moi trouvions la liberté d’évoluer librement à travers l’expression de nos sentiments traduisant l’intimité qui nous est propre et celle que nous partagerons sur scène. Cette vérité, qui je l’espère émanera de cela, devait être universellement reconnaissable. Nous nous appuierons sur un texte précis et un espace de jeu ouvert.

Vous êtes fasciné, après Mon ami, Louis, par le crime… Qu’est-ce que cela raconte pour vous ?

Le crime est une sorte de bras armé du mal et c’est le mal qui interpelle parce qu’il est humain. Il est terrifiant parce qu’il sonde l’inhumanité de nos âmes. La cohabitation chez chacun du bien et du mal nous interroge sur l’engagement, sur la transmission, sur l’inertie. La réflexion en quête de rationalité se heurte à beaucoup d’incompréhension. Un abîme. Finalement on passe beaucoup de temps à fuir nos monstres.

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