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Couverture de Juste la fin du monde, Nous, les héros - Jean-Luc Lagarce

Juste la fin du monde, Nous, les héros - Jean-Luc Lagarce

de Bertrand Chauvet, Eric Duchâtel


Juste la fin du monde, Nous, les héros - Jean-Luc Lagarce :Avant-propos

Voici déjà quatre années qu’a été développée une démarche nouvelle pour les ouvrages accompagnant les pièces mises au programme du baccalauréat : chacun d’entre eux se doit de renouveler les perspectives et les modes d’approche afin de mieux répondre à l’exigence et à la diversité des attentes des élèves et des professeurs dans les options théâtre aussi bien que dans les classes de lettres. Dans cet ouvrage consacré à Nous, les héros et à Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, les auteurs Bertrand Chauvet et Éric Duchâtel, sans ignorer l’apport des différentes mises en scène, approchent ces pièces en prenant appui sur les mots ou les expressions mêmes du texte et proposent de se confronter au jeu théâtral pour comprendre, cherchant là le contact le plus intime avec le réel. L’ouvrage est accompagné d’un DVD et s’articule en étroite liaison avec le site L’année (…) Lagarce, multipliant ainsi les échos et les parcours.
Les auteurs retrouvent ainsi de manière exemplaire, dans cet essaim de paroles fragiles et au sein des volées de mots insaisissables, la puissance souterraine de ce maître des voix qu’estJean-Luc Lagarce, qui métamorphose à qui sait écouter, l’éphémère fait signe : la parole qui bruisse et circule ici fait toucher par l’illusion la vie authentique dans ce qu’elle a de fugace, rayonnant et de profondément incarné : que signifie, pour celui qui fit d’un récit individuel un drame commun, vivre avec la mort annoncée, au coin de chaque jour et au bout du regard ? Ce naufrage presque au port de l’adolescence nous parle aussi de la survie quotidienne. Chacun, en effet, se sait ici en sursis, et la nécessité impérieuse d’écrire témoigne de cette foi inébranlable dans le salut des mots, ligne magique qui sépare dans Juste la fin du monde, Louis, le presque mort, du désespoir. Dialecticien de l’éphémère, dramaturge de l’ellipse, Jean-Luc Lagarce affirme paradoxalement dans cette suspension d’être et de souffle, son incroyable vitalité, et que seuls les mots, c’est-à-dire l’espoir, sauvent de l’abîme.
Bertrand Chauvet et Éric Duchâtel, avec la collaboration de metteurs en scène comme Olivier Py, François Berreur, Michel Raskine, Joël Jouanneau, et grâce au partenariat mis en place avec les Solitaires intempestifs ainsi qu’avec la Comédie-Française – que nous remercions chaleureusement de même que l’équipe éditoriale du CNDP – ont su nous placer au coeur de cette vision et de cette expérience exprimables à peine. Les paroles, relayées de lèvres en lèvres, résonnent ici comme une mantique très ancienne, nous révélant leur puissance de vie, dans un vertige pareil à celui de l’oiseau qui trace un signe dans le ciel puis disparaît, ou, pour le dire avec les mots de Jean-Luc Lagarce, « se regarde disparaître en se saluant ».

Pascal Charvet (Inspecteur général lettres/théâtre)


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