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Accueil de « Shéda »

Shéda

mise en scène Dieudonné Niangouna

:Présentation

Carrière de Boulbon, surgissent de nulle part des êtres qui ont chuté, mais comme le disait Michel Foucault : « On peut tomber d'une montagne et se relever vivant. » Ces êtres viennent d'un ailleurs, où ils étaient sans doute puissants, intelligents, adaptés au monde qui les entourait. Peut-être sont-ils des dieux déchus. Quoi qu'il en soit, ils se présentent à nous comme des femmes et des hommes, parfois des ombres humaines, qui viennent dire les bruits du monde, la peur et la solitude. Ils sont là pour nommer le passé afin de pouvoir vivre le présent, pour continuer d'exister en affirmant leur fragilité, dans ce champ de bataille qu'est la vie. Monologues, dialogues, adresses directes au public : leurs paroles emplissent l'espace de la carrière, amplifiées par la musique et le chant. Ici, l'histoire ne compte pas en tant que telle : c'est la force de celui ou de celle qui dit qui est essentielle. Car, pour Dieudonné Niangouna, la parole dévore le monde. Depuis onze ans, l'auteur, acteur et metteur en scène congolais « rumine » Shéda. Il voit des tableaux, perçoit des situations, entend des sons. Aujourd'hui, il orchestre ce flot d'images et de mots, qui s'agencent en une fresque métaphorique touchant tout autant à la vie qu'à la mort, à la violence qu'à l'amour, à la sagesse qu'à la folie, à l'impasse qu'à l'espoir. Un creuset de la parole et de la pensée porté par un choeur de quatorze comédiens et musiciens africains et européens, dont Dieudonné Niangouna lui-même. Les figures de Shéda se confrontent, chutent et se relèvent à la recherche de l'eau, garantie de survie dans un monde de sécheresse et de désolation. Shéda, c'est aussi la somme de ce qui constitue une vie : ce qu'on connaît parce qu'on le vit et ce qu'on ne connaît pas, mais qui est en nous parce que c'est notre histoire, celle de nos ancêtres, celle que nous nous sommes construite dans les rêves et dans les livres. Pour Dieudonné Niangouna, c'est la Grèce d'Homère tout aussi bien que le colonisateur Pierre Savorgnan de Brazza, Koltès que Shakespeare, la cordillère des Andes que le Kilimandjaro. Et mille autres influences qui nourrissent son écriture théâtrale, dynamitée, chahutée, rapide, énergique, visant à « faire grimper les fourmis dans les nerfs » pour ne pas mourir, pour que la vérité sorte de la parole partagée.

Jean-François Perrier

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