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+ d'infos sur le texte de David Storey traduit par Marguerite Duras
mise en scène Chantal Morel

:La Pièce

Dans un jardin, sous une tonnelle, deux hommes, Jack et Harry, parlent de tout, de rien, du temps qu’il fait, de leur première rencontre. Katleen et Marjorie leur succèdent : deux femmes sans âge, deux femmes âgées. Nous comprendrons qui ils sont et quelle est la nature du lieu où ils se trouvent. A travers un dialogue allusif, à travers de longs silences, Storey reconstitue le climat d’oppression et l’univers clos de la maison de santé psychiatrique dont ces personnages sont les pensionnaires.

Ils sont cinq, sous une tonnelle, ils cherchent la chaise qui leur manque pour se réunir autour de la table. Quand ils seront assis, ils pourront se dire, les rires, les larmes... Jack pourra raconter combien est passionnante sa famille si nombreuse et on l’écoutera et on fera attention à lui... Marjorie, elle, expliquera que c’est insupportable Noël avec tous ces gens heureux quand on est seule… Et ça fera du bien… La chaise leur est donnée. De quoi voulait-on parler ? Quels sont les mots exacts ? Jack peut-il dire, leur dire qu’il est orphelin… Peut-il pleurer fort pour se faire consoler ? Tous, ils ont bien trop peur... Leur douleur est enfermée au plus profond d’eux-mêmes, et eux sont enfermés au plus profond de ces lieux oubliés par les hommes – ceux qui sont au-dehors.

L’espace est vide, abandonné ; pas de relief géographique, pas d’obstacles où l’oeil peut s’accrocher et imaginer. Il n’y a rien, même pas l’illusion d’un paysage. Simplement deux femmes, deux hommes... Des personnages – silhouettes à peine identifiables, une table. Deux, puis quatre chaises, rien d’autre, on entre à gauche, on sort à droite, on arrive, on parle, on s’en va... Des vies flétries, une hivernale tendresse, il ne reste rien, juste l’îlot de la conversation, d’un semblant de conversation, disons plutôt des mots, des mots pour appeler dans le noir, pour éviter de sombrer tout à fait. La parole comme ultime secours, dernière illusion, au milieu du désastre de chaque instant. Et surtout, surtout, que la conversation continue, même si elle ressemble étrangement à un monologue, pour reculer la fin, pour éviter que les lumières s’éteignent.

Chantal Morel

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