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Traine pas trop sous la pluie

Traine pas trop sous la pluie

de Richard Bohringer

Écrit en 2008 - français

Présentation

Parler d'amour au vent, c'est porter la possibilité aux autres. Je suis arrivé devant l'hôpital posé à quai comme un cargo la nuit. Ses lumières immobiles sous la pluie. Planté là sous le néon, dégoulinant de l'averse. Le vent frissonne sur les flaques. Quelqu'un marche vite. Un taxi ferme sa lumière. J'y suis. J'ai demandé au toubib, perdu au milieu des chariots, des pompiers, avec des coups de froid glacé, balancé par cette putain de porte électrique, qui s'ouvre, qui se ferme, sous les poussées des civières ensanglantées, des lumières qui tournent sur des uniformes, et des rouges et des bleus, dans un tragique ballet de Playmobils. Blanche solitude. Petits blancs souffrent comme l'Afrique, sur le banc balafré par le néon. La voilà donc, cette putain de nuit de l'humain perdu au milieu des humains. Ça faisait longtemps que je n'avais pas enjambé l'entrée du cabaret de la dernière chance, avec des danseuses en blouse blanche, funambule dans la nuit étoilée, avec des souvenirs de petit enfant, de marronniers en fleurs et de femmes désaimantes J'ai demandé au toubib, perdu au milieu des perfus, des chariots, des solitaires sans un son, et puis d'autres qui en ont marre. On sait plus si c'est de la vie. J'ai demandé au toubib s'il me gardait cette nuit. Il a dit oui.

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