Ne plus afficher cette publicité - Je m'abonne - Je suis abonné(e)

Présentation

" Je voulais seulement en entrant ici prendre le pouls de notre pays." Tout commence par un récit, celui du séjour en prison que fit la romancière Goliarda Sapienza à Rebibbia. L’univers carcéral devient avec elle le lieu d’une excursion dans une Italie des  ˝Années de plomb˝, kaléidoscope d’une société malade, galerie de portraits de femmes battantes et combattantes, chacune à leur façon, voleuses, criminelles,
prostituées, dissidentes politiques. Dans l’adaptation du roman proposée par Louise Vignaud et Alison Cosson, Goliarda, interprétée par Prune Beuchat, est le centre autour duquel gravitent les figures qu’elle convoque. Quatre autres actrices l’encerclent, changeant de rôles. Elles sont elles aussi les murs d’une prison, celle de l’histoire, celle d’un récit autant personnel qu’universel. Sur scène, quelques lavabos, des matelas, un chant d’oiseau. C’est de la friction entre l’expérience réelle et le vertige existentiel dont il est question ici, à travers cette vision libre et subjective, à rebours de toute pensée consensuelle sur l’univers carcéral. Comme un pied de nez fait au destin, Goliarda Sapienza transforme cette expérience de l’enfermement en un moment de liberté, et retrouve, et nous avec elle, le désir éperdu du monde.