Ne plus afficher cette publicité - Je m'abonne - Je suis abonné(e)
Accueil de « À petites pierres »

À petites pierres

+ d'infos sur le texte de Gustave Akakpo
mise en scène Thomas Matalou

:La mise en scène

POURQUOI AVOIR CHOISI DE METTRE EN SCÈNE A PETITES PIERRES

A petites pierres est un texte clair quant à son contenu, mais lorsque l’on remonte aux origines de son écriture, on prend conscience qu’il est tissé de différents horizons.
En effet, nous sommes en présence d’un auteur togolais, s’appropriant un fait divers nigérian, ayant le désir de se rapprocher de la construction dramaturgique initiée par Molière.
Comme lui, il exécute une satire de la société qui l’entoure, dans laquelle la présence du comique tient une place dominante.
À travers son oeuvre, Gustave nous rapporte une de ses révoltes, armé de sa plume, il nous la livre sans en oublier la distance.
Cette distance qui nous permet de sonder ces traditions qui ne sont pas les nôtres, et pourtant, nous ne pouvons que nous sentir concernés, tant l’interrogation française sur la religion musulmane est actuelle.
Dans le cas d’A petites pierres, il est question d’une réflexion sur le « mariage arrangé ».
On ne peut s’empêcher de penser à nos arrières grands-parents et nos grands-parents, dans certains cas. Finalement, encore une fois ce sujet n’est pas si éloigné de nous.
À ce point de départ, vient se rajouter la langue de Gustave Akakpo. Cette langue chargée de son histoire, de son pays, transpire une rythmique engendrée par la présence de la comédie dans la tragédie, ce qui donne lieu à des situations qui frôlent l’absurde. De plus, cette langue, pleine de couleurs et de formes grammaticales « d’origine togolaise », pourrait nous laisser entendre une langue ancienne, presque datée.Et c’est là que cette idée de travailler sur cette pièce avec une distribution d’acteurs occidentaux est apparue. C’est en réalité la volonté d’élargir le poème de Gustave à l’universalité. Car l’intemporalité, nous l’avions ressentie en travaillant sur la « maquette » initiée par le TARMAC de la Villette, c’est-à-dire, nous avions l’impression de toucher à un texte venu d’un autre siècle, mais nous avons aussi le désir de le faire entendre à toutes les oreilles…

LES PARTIS-PRIS DE MISE EN SCÈNE

Cette langue n’est pas la nôtre, ces traditions ne sont pas les nôtres, mais devons-nous rester silencieux et inactifs devant de telles réalités ?
En s’aidant du travail du masque de la comédia del Arte, nous pensons qu’il y a une solution dans cette « méthode » pour marquer la distance entre les interprètes et leurs figures incarnées. Les masques ne seront utilisés que pour les protagonistes qui participent à enrailler l’existence quelconque de liberté, et plus précisément dans ce texte, la liberté personnelle de pouvoir assumer son désir. Comme dans la tradition, les deux « jeunes premiers » seront non masqués.
Tout se fera et défera à vue. Nous vous racontons cette histoire. À ce moment précis. Avec vous.
S’obliger à avoir une contrainte de décor. Pour appuyer cette notion source de ce temps dramaturgique « ici et maintenant ». Aussi pour se donner la permission de le représenter n’importe où. Aller dans le sens du théâtre de tréteaux. Par ailleurs, il se rapproche de celui de Molière. S’appuyer sur des moyens les plus simples possible, pour à la fois passer d’un espace signifiant l’isolement à un espace signifiant le contraire. Ce n’est pas un théâtre d’objets. Mais donner l’impression d’un théâtre de bouts de ficelles et de cartons. Donner l’illusion d’utiliser les « moyens du bord » pour faire du théâtre. Afin de préserver une place majeure à l’acteur. C’est lui qui prend en charge de dire ces mots-là sur une scène. Il défend ce propos et l’interroge, questionne le théâtre et donne à entendre un autre regard sur le monde.
Deux espaces. Un espace de parole et un espace de regard sur cette parole. Non pas une condescendance ni même une complaisance, mais signifier avec honnêteté, qu’il est question de figures, de représentation d’existence différente de l’être, de masques et de théâtre.

UNE RÉFLEXION SUR LE MONDE QUI NOUS ENTOURE

Nous voulons faire de ce travail une réflexion sur le monde qui nous entoure, quel qu’il soit, et proposer au public des situations qu’il aurait pu vivre ou non, et de laisser la place à de nouvelles interrogations aussi bien sur le sujet de la représentation théâtrale et de son rôle, que sur celui qui est décrit au sein même de l’oeuvre.
Nous avons le désir de défendre ce texte, car la présence de ce sujet d’actualité, grâce à sa forme, interroge le théâtre. Comme nous l’avons dit plus haut, Gustave Akakpo tend à se rapprocher du théâtre de Molière. Il se soucie de l’impact de son propos sur nous occidentaux. Il fait l’action artistique de venir nous parler, écoutons-le, et devant cette fin donnant naissance à l’espoir, nous ne sommes pas dans un théâtre militant, mais peut-être dans un théâtre qui interroge l’humain, ses désirs, ses paradoxes, ses illusions, et ses rêves…

Thomas Matalou

imprimer en PDF - Télécharger en PDF

Ces fonctionnalités sont réservées aux abonnés
Déjà abonné, Je suis abonné(e) Voir un exemple Je m'abonne

Ces documents sont à votre disposition pour un usage privé.
Si vous souhaitez utiliser des contenus, vous devez prendre contact avec la structure ou l'auteur qui a mis à disposition le document pour en vérifier les conditions d'utilisation.