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Accueil de « Pantagruel »

:Note d'Olivier Martin-Salvan

Propos recueillis par Mathilde Hennegrave

“Porter l’oeuvre de Rabelais à l’épreuve de la scène me tient à coeur depuis longtemps. Après O Carmen, le désir de m’atteler à un grand texte s’est tout naturellement tourné vers l’oeuvre de Rabelais.
La dimension comique du texte m’a bien sûr fortement marqué, et je suis du même avis que Rabelais lui-même : “le rire est thérapeutique”… Mais surtout, à travers ce texte hors du commun, s’opère comme un retour aux origines, un voyage vers les tréfonds de notre langue.
Je retrouve à travers la langue de Rabelais des paysages anciens, une nature partout présente, une époque sans industrie ni moteur, une France faite de villages, avec des bruits de bois ou de vent, quelque chose de rural dont je suis proche. Remonte à mon esprit le souvenir de mes grands-parents parlant morvandiau du côté de mon père, ou occitan dans ma famille aveyronnaise.
Il y a chez Rabelais une façon instinctive de décrire le monde, quelque chose de très brut, très direct, qui me plaît.
J’ai la sensation de me perdre dans le langage comme dans une forêt. Tous les sens sont en éveil. Le corps parle. Je ressens une grande fierté de pouvoir être interprète de ce texte. C’est nécessaire de faire entendre cette langue française si riche, c’est presque faire de l’éducation civique ! C’est une langue qui vient à peine de quitter le latin et le grec…
C’est important de transmettre l’œuvre de ce génie méconnu, qui a inspiré les plus grands, c’est notre grand-père à tous, il était précurseur d’une grande liberté d’esprit et d’une ouverture totale au monde.
Je suis heureux de retrouver Benjamin Lazar sur ce projet. Car, depuis notre collaboration sur Le Bourgeois Gentilhomme et notre complicité dans l’inventivité, il y a quelque chose de complémentaire dans notre manière d’appréhender ce matériau qu’est l’œuvre de Rabelais : Benjamin sensible au versant humaniste, savant et raffiné de l’œuvre, spécialiste des textes anciens, et de mon côté, plutôt dans la farce, oeuvrant sur la dimension comique, dans quelque chose de très instinctif, presque athlétique dans la mise en jeu du corps et de la voix. Benjamin est garant de la liberté nécessaire à ma recherche sur le plateau.”

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