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Accueil de « Orgie »

Orgie

mise en scène Marcel Bozonnet

:Présentation

Orgie s’inscrit entre Théorème et Porcherie, entre la démonstration d’une séduction foudroyante et l’histoire de la dévoration de la chair. Quand il écrit Orgie, Pasolini est déjà le grand poète, cinéaste, romancier et agitateur que l’on sait. Pour l’heure, il a le sentiment d’avoir frôlé la mort et il fera croire qu’il a écrit l’ensemble de son théâtre (9 pièces aux éditions Actes Sud) pendant la période de convalescence de son ulcère. Depuis, Hervé Joubert-Laurencin nous a fait découvrir l’étendue de son théâtre de jeunesse aux Solitaires intempestifs.
En cinq séquences, rapides et douces, brutales et nerveuses, Pasolini raconte l’histoire d’un couple à l’extrême de l’amour. Le couple est devant nous aujourd’hui et comme éternellement. Il a en lui tout le pouvoir de destruction propre aux hommes et aux femmes et toute la mémoire de la civilisation méditerranéenne et agraire en train de disparaître. C’était à la fin des années 60, et la disparition de ce monde est aujourd’hui accomplie. Par-delà les jugements des autres, parents fascistes, amis bien pensants, voisins moraux, soldats gardiens de l’ordre, cet homme et cette femme affirment sans limite leur volonté d’être libres.
Aux paroles violentes succède l’inégalé lyrisme de Pasolini, la maîtrise des structures, des ruptures, des fausses pistes, des contradictions. Le poète tout à la fois inquiète, interroge, et nous laisse pleins de force.

Marcel Bozonnet


Le signe qui a dominé toute ma production est cette sorte de nostalgie de la vie,
ce sens de l’exclusion qui n’enlève pas l’amour de la vie, mais l’accroît.
Pier Paolo Pasolini
Hors-série « Pasolini cinéaste », Les Éditions de l’Étoile-Cahiers du cinéma, Paris, 1984.

La pièce

C’est l’après-midi de Pâques. Un homme et une femme se retrouvent, passent la nuit ensemble jusqu’au petit matin, inventant un langage des corps qui défie la mort. Entre les étreintes, les époux chantent un âge perdu. Les évocations nostalgiques de ce temps immémorial s’associent au langage cru de leurs fantasmes.
En juin, on retrouve le couple en train de se coucher. L’homme, apparemment malade, s’endort. La femme, emportée dans une sorte de rêve éveillé, décide, telle une Médée, de tuer leurs enfants puis de se noyer dans le fleuve.
Quelques mois plus tard, l’homme fait venir chez lui une jeune femme.
Alors qu’il laisse libre cours à sa violence, il est pris d’un malaise. La fille parvient à s’échapper.
Il se pend.

Orgie se divise en épisodes, comme dans une tragédie grecque. Un prologue et un dernier épisode faisant figure d’épilogue encadrent cinq épisodes.
Au début, c’est la voix d’un mort que nous entendons, celle d’un homme qui vient de se pendre. Le prologue est donc censé se passer quelques minutes après l’épilogue. La suite de la pièce relate les événements précédant ce moment.
Initialement, Pasolini avait commencé à écrire la pièce sans cette histoire-cadre. Ce n’est qu’ensuite qu’il a ajouté l’histoire de ce «  suicidé  ». Originellement, les deux histoires sont donc indépendantes. Pasolini a sans doute réutilisé l’argument d’un scénario de court-métrage qu’il avait écrit quelques années auparavant et qui s’intitulait Voyage à Cythère. Dans ce scénario, un professeur de littérature lisait à ses élèves le fameux poème de Baudelaire, puis rentrait chez lui et se pendait.

Voici un extrait de ce poème :
Ridicule pendu, tes douleurs sont les miennes  !
Je sentis, à l’aspect de tes membres flottants,
Comme un vomissement, remonter vers mes dents
Le long fleuve de fiel des douleurs anciennes ;

[...]

Dans toute l’île, ô Vénus  ! je n’ai trouvé debout
Qu’un gibet symbolique où pendait mon image…
- Ah Seigneur  ! donnez-moi la force et le courage
De contempler mon cœur et mon corps sans dégoût  !


Étymologie

«  Orgie  »

• Nom féminin (1469) emprunté au latin orgia, neutre pluriel qui désigne les fêtes solennelles en l’honneur de Bacchus, emprunté au grec orgia (le singulier orgion est rare et tardif). Orgia s’applique à des cérémonies du culte, mais s’est spécialisé pour les cultes à mystères et les cultes initiatiques, tels ceux de Déméter à Éleusis, des Cabires et de Dionysos. Le mot implique les éléments d’excès de ces cultes et, à l’occasion, désigne les objets du culte. Il est parfois employé au sens figuré de « mystères (de la philosophie)  » et de «  transports de l’amour  ».
Sous l’influence du christianisme, orgia a pu être détourné de son vrai sens par péjoration antipaïenne, ce qui a abouti à la valeur prise par orgie en français.
• L’étymologie la plus probable tire orgia de la racine indoeuropéennes °werg- représentée en grec dans ergon «  action, œuvre, travail  » ( énergie) et dans organon «  instrument de travail  » ( organe, orgue) : il s’agit dans orgia des actes sacrés. Toutefois, il faut indiquer que, par étymologie populaire et notamment lorsqu’il s’agissait du culte de Dionysos, le mot a pu être associé à orgê ( orgasme) de même source étymologique.
• Orgie est d’abord employé au pluriel comme terme d’antiquités (cf. bacchanales). Par extension, il a pris au singulier le sens courant de «  fête accompagnée de débordements divers  » et «  partie de débauche  » (1631).

Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d’Alain Rey, Dictionnaire Le Robert, Paris, 1992.

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