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Federico, Fellini

+ d'infos sur le texte de Macha Petina
mise en scène Macha Petina

:Présentation

Federico, Fellini une pièce de Macha Petina inspiré du livre de Sonia Schoonejans : Fellini (édition Lato Side Editori).

Fellini....
Que représente-t-il aujourd’hui ? N’est-il pas devenu ce qu’il redoutait tant : un monument, une figure emblématique d’une époque révolue qu’on vénère mais à laquelle on ne s’intéresse que très peu ?
Comment faire revivre au théâtre ce monstre sacré du cinéma ?
Ou peut-être justement Fellini, comme personne d’autre, appartient à ces deux univers en même temps ? Ses tournages ne ressemblaient-ils pas à une pièce de théâtre, pétris d’émotions avec leur farandole de personnages : des collaborateurs dévoués, des vedettes, des opportunistes, des célébrités de passage, des petits rôles extravagants, des figurants improbables dénichés au quatre coins d’Italie ? Et puis quel Fellini mettre en lumière ?
Le cinéaste quasi légendaire ou le Fellini intime luttant contre ses faiblesses et ses peurs ? Un « tyran » des temps modernes ou un artiste sensible avec ses doutes, sa solitude, sa fascination pour les femmes...?
Et les femmes justement ?
« J’ai toujours ressenti à la fois une attraction et une crainte des femmes ; ce qui explique que ma relation avec elles a été passionnelle. Je suis resté comme un petit garçon fasciné par cet Eternel Féminin. Je n’ai jamais compris pourquoi on dit sexe faible car la femme est tout sauf faible à mes yeux » - disait-il.

Je me suis posée toutes ces questions.
Et au fur et à mesure que le travail avançait, je me suis rendue compte que pour essayer d’y répondre, il faudrait inviter le spectateur sur le tournage, car, au final, il est impossible de dissocier chez Fellini l’artiste de l’homme privé et le meilleur moyen, à mon sens, d’approcher Federico est d’observer Fellini au travail. Ne disait-il pas lui-même : « la vie est comme un plateau géant, mais elle ne devient réelle pour moi que lors que les projecteurs s’allument. C’est là que la valeur des hommes et des femmes, le sens de leurs rencontres ou de leurs sentiments, prennent pour moi une signification vraie et profonde. En dehors de cela, tout est confus... »

C’est pourquoi, ma rencontre avec Sonia Schoonejans, danseuse, écrivain, metteur en scène d’origine italo-belge, qui a suivi Federico Fellini lors du tournage de son film « La Città Delle Donne », a été un vrai cadeau. Je pouvais échanger avec une personne qui a bien connu Il Maestro, qui a pu l’observer au travail et dans son quotidien, une personne qui l’admirait tout en posant sur lui un regard lucide et sans complaisance. Sonia a accepté avec beaucoup de générosité de m’accompagner dans cette aventure. Nous avons décidé que son livre « Fellini », un journal de tournage sorti en Italie, pourrait devenir le point de départ de la pièce. À toutes les étapes de l’écriture, Sonia a été la mémoire vivante de cette époque. Nos nombreux entretiens ont permis, je l’espère de tout cœur, d’approcher Fellini, de le revoir sourire, se mettre en colère, de le sentir respirer avec gourmandise l’air de Cinecittà.

Je voulais également et surtout donner une place importante aux femmes qui l’entouraient, certaines depuis de nombreuses années et souvent dans l’ombre. Secrétaires, scripts, amies, comédiennes, elles étaient nécessaires à sa création et à son équilibre. Je me suis intéressée à leurs histoires personnelles, à la relation que chacune avait avec Fellini, à leur place dans cette Italie en plein changement. Chaque rôle devait avoir sa couleur, son rythme, presque « son propre parfum ».

Un autre point me semblait essentiel : faire voyager le spectateur entre le cinéma et le théâtre. Ainsi, j’ai cherché à écrire certaines scènes comme des séquences cinématographiques, souvent courtes avec un enchainement rapide, parfois de véritables flashbacks ou des rêves que les personnages auraient pu faire. Au théâtre, il est impossible de souligner une émotion grâce au mouvement de la caméra ou à un gros plan, mais j’ai tenté de trouver dans l’écriture ces moments de suspension, quand l’émotion fait basculer le personnage dans un état de grâce et quand, tout à coup, l’œil et l’oreille du spectateur deviennent cette caméra providentielle.

Je rêvais aussi d’amener du « spectacle », l’essence même du cinéma fellinien. Ainsi, chaque comédien serait multiple, emporté dans un tourbillon de personnages, le maquillage, les costumes participant à cette transformation. J’ai écrit également certaines scènes comme des moments chorégraphiés afin que les corps s’engagent pleinement dans le processus créatif. Forte de mon expérience très marquante auprès d’Egor Drujinin, un talentueux chorégraphe russe, je voulais faire cohabiter ces deux univers. Ces moments casseraient volontairement la narration et permettraient aux personnages de s’exprimer autrement, donnant une dimension physique au spectacle et créant des univers plus loufoques par moments.

Au final, mon désir profond serait que la pièce donne aux spectateurs l’impression d’assister à des moments volés, parfois intimes de l’artiste Fellini et surtout de se rapprocher de l’homme, Federico. Que cette véritable comédie humaine qu’était le plateau de tournage de Fellini, fasse sourire, rêver, peut-être s’indigner, mais surtout démontre que chaque personne, entrant dans l’univers de Fellini, prenait part à sa création et devenait une pièce du puzzle de son film. Que cet homme ordinaire devenait extraordinaire une fois franchi le seuil de Cinecittà et que sa vie réelle prenait sens dans le monde le plus irréel qui soit – le cinéma, dont il était peut-être un prisonnier volontaire.

Note de mise en scène

Un jour, assistant à une magnifique représentation de « Chicago » à Londres, j’ai été frappée par la simplicité et la précision artistique des décors. Une rangée de chaises éclairée de différentes façons devenait une prison, un cabaret, une salle de tribunal... Tout le décor était très structuré, sans objets inutiles et surtout modulable. Cette manière subtile de suggérer les endroits, de changer de lieu en modifiant un détail du décor précédent, a beaucoup fait travailler mon imaginaire. C’est en réfléchissant au décor pour la pièce « Federico, Fellini » que ce souvenir a refait surface.

En poursuivant mon travail, je me suis rendu à Cinecittà, à Rome, afin de découvrir le fameux « Studio 5 ». Quelle a été ma déception quand, pleine d’émotion, j’ai pénétré dans un hangar vide, noir, ressemblant plus à un after désaffecté de Berlin qu’au studio mythique de l’âge d’or du cinéma italien. Mais passé les premières minutes, j’ai commencé curieusement à ressentir des vibrations, entendre des pas, des éclats de voix, des rires, des « azioni ! » C’était comme la vieille marmite de ma grand-mère : peu importe ce qu’on faisait cuire dedans, il y avait toujours un goût supplémentaire, extraordinaire, le goût des centaines de plats qui ont précédé. Ainsi, le plateau de tournage de Fellini pourrait ressembler à n’importe quel plateau de tournage au monde, c’était la présence du Maestro et l’idée que chacun pouvait s’en faire qui le rendait unique.

Toute la pièce se déroulera sur le plateau du Studio 5 à Cinecittà. Les différents endroits : une rue de Rome, la place avec une fontaine, un appartement, le bureau de Fellini feront partie des décors présents au studio, comme si, finalement, ils faisaient partie du tournage. Fellini lui-même deviendra un des personnages de cette réalité parallèle qu’il a créée à Cinecittà de la même manière que ses collaborateurs, les comédiens, les figurants... Les décors seront modulables et mobiles afin qu’ils puissent être manipulés par les comédiens.

La lumière aura un rôle extrêmement important dans la pièce. Elle permettra de créer différentes ambiances, lieux en utilisant un minimum de décors réels. Dans certaines scènes la lumière sera utilisée d’une manière quasi cinématographique pour souligner le visage des comédiens au moment d’une émotion plus forte, comme l’aurait fait une caméra.

La musique soutiendra la couleur particulière des scènes (par exemple, la scène d’Anna Prucnal – Music-hall) ou des personnages (par exemple, Mara – solitude, nostalgie, mais aussi espoir). Bien que j’aime beaucoup la musique de Nino Rota, musicien fétiche de Fellini, je ne pense l’utiliser qu’à un seul moment – à l’annonce de sa mort, comme une partition inachevée. Mes choix musicaux seront assez éclectiques : des musiques populaires italiennes, la musique classique, créations originales…

Les costumes seront très précis stylistiquement. Compte tenu du nombre important de personnages, les rôles principaux seront habillés d’une manière très reconnaissable qui soulignera leur personnalité : romantique, diva, prostituée, féline...

Dans la direction d’acteurs, je voudrais m’appuyer non seulement sur l’engagement émotionnel, mais également physique des comédiens, afin que chaque personnage ait son propre langage corporel. Pour aborder le rôle de Fellini, il me parait primordial de ne pas faire son imitation, mais plutôt de trouver une respiration commune entre le comédien et Il Maestro, en recherchant les émotions sincères du réalisateur, ses moments de joie, de doute, de solitude, en faisant un travail sur l’appropriation de son corps, de sa manière de s’exprimer.

Synopsis

1979, dans une Italie en pleine tourmente, entre les mouvements féministes et les Brigades Rouges, Federico Fellini s’apprête à tourner son prochain film « La Cité des Femmes ». Malheureusement, les circonstances sont contre Il Maestro. Son compositeur fétiche et ami de longue date, Nino Rota, meurt juste avant le premier clap. L’attentat, la colère des féministes, les rumeurs sur une relation intime entre le metteur en scène vieillissant et une figurante viennent perturber le travail.

Petit à petit, à travers le tournage, on découvre le Fellini intime : tantôt solaire et généreux, tantôt égoïste et manipulateur. Entouré constamment par tant de monde et surtout par les femmes, sa source, sa matrice protectrice de toujours, il apparaît pourtant au fil de la pièce de plus en plus seul et assailli par les doutes. Jusqu’à se poser la question : « Est-ce que j’ai été heureux ? Est-ce que j’ai été moi-même ? »
Qui est Fellini ? Mais surtout qui est Federico ?

Macha Petina

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