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Elseneur

+ d'infos sur le texte de Clément Laloy
mise en scène Frédéric Dussenne

:Présentation

L’ACTEUR ET L’ÉCRIT A 10 ANS


Par Frédéric Dussenne

Depuis 1996, à travers une cinquantaine de projets, nous avons abordé aussi bien le répertoire que la création contemporaine, en faisant des détours par la danse, l’opéra, le cirque ; sous la forme de spectacles, d’ateliers, de work in progress. Dans de grandes institutions comme dans de petits lieux alternatifs ; en Belgique - francophone et néerlandophone - comme à l’étranger.

Nous avions commencé free lance, puis nous nous sommes retrouvés en résidence à Mons. Je m’y suis investi dans un projet pédagogique qui est aujourd’hui au coeur de ma démarche artistique.
Nous sommes redevenus nomades, même si nous avons ouvert un atelier permanent, avenue de la Couronne, où notre travail croise celui d’autres compagnies qui choisissent de venir répéter chez nous.

Nous avons signé en 2002 notre première convention avec la Communauté Française.

J’ai demandé à Michèle Friche, qui a vu presque tous nos spectacles, de poser un regard rétrospectif sur ces dix années. Son travail agrémenté de photos sera publié dans une brochure anniversaire.

Ce trajet aux allures trépidantes est en fait la poursuite d’une démarche artistique obstinée sur quelques pistes récurrentes : recherche d’un nouveau statut de l'acteur, alternant les logiques épique et dramatique ; interrogation de la géographie de la représentation et du rapport acteur/spectateur ; priorité donnée au son sur l'image ; rejet du naturalisme ; intérêt marqué pour la littérature au théâtre et singulièrement pour la littérature francophone de Belgique ; volonté d’enraciner le geste théâtral dans les problématiques de la Cité.

Cette démarche n’est pas née avec la compagnie. Il y a dix ans s’achevait l’aventure des « Ateliers de l’Échange ». Je me sens l’héritier de ces formidables années de laboratoire. J’ai fondé « L’acteur et l’écrit » pour poursuivre seul la démarche artistique que nous avions entamée ensemble.

Mais seul, au théâtre, ça fait beaucoup de monde…

ELSENEUR

J’ai décidé de célébrer cet anniversaire sous le signe d’une naissance en mettant en chantier, Elseneur de Clément Laloy. Si je ne me trompe pas, il s’agira de la première production professionnelle pour ce jeune auteur de trente ans. Muriel Legrand et Pierre Verplancken y feront leurs « débuts », épaulés par Valérie Bauchau et Bernard Sens.

L’écriture de Clément Laloy s’inscrit dans la ligne de celles de Maeterlinck, de Willems et, plus près de nous, de Jon Fosse. Avec des mots simples et dans une langue répétitive et musicale, il va, comme en négatif, à l’os de ce qui nous constitue comme être humain en reposant les questions éternelles.

Qu’est-ce qu’être un homme ? Une femme ? Un fils ? Un père ? Une mère ? Qui suis-je ? Personne ou tout cela à la fois ? Où sont les limites de ma liberté individuelle ? Naître ? Mourir ? Se battre ? Se compromettre ? Abuser de son pouvoir ?

Aux oiseuses explications psychologiques ou au traitement adéquat du « sujet de société », Clément Laloy oppose le mythe et la poésie.

Hamlet est au bord de la mer… La mère ? Le château d’Elseneur est en flammes. Comme un enfant égaré dans son propre cauchemar, il tente de ramasser les bribes de son identité explosée.
C’est à la fois drôle et tragique. Clownesque et monstrueux.

On y entend une voix.

Je voulais en être le premier passeur.