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Conte de Liberté / Journal d'un disparu

Joseph Kalda (Livret), Leoš Janáček (Musique), Louise Moaty (Mise en scène), Irène Kudela (Direction musicale), Catherine Kollen (Direction artistique)


:Présentation

Liberté et désir

Le point fondateur de ce spectacle est d’approfondir la notion de liberté, plus précisément la relation entre la liberté et le désir, avec la part d’indomptabilité (de sauvagerie, d’animalité) et d’irréductibilité que renferme cette notion de désir.

L’Arcal a choisi d’axer les deux créations de sa saison mises en scène par Louise Moaty sur cette articulation, chacune déployant une perspective particulière sur le sujet, sur la musique de Janacek.

Compositeur hors norme, préférant les joies de sa campagne de Brno aux honneurs de Prague, grand amoureux de la nature qui est l’un des thèmes puissants de son œuvre originale, Leos Janacek trouve une seconde jeunesse créatrice à 61 ans grâce à son amour hors conventions pour une jeune femme mariée de 38 ans sa cadette, qui lui inspirera en particulier les deux chefs d’œuvre que l’Arcal présente en 2015-16 :

La Petite Renarde rusée, opéra avec orchestre (1924)
Le Journal d’un disparu, cycle de mélodies 2 solistes, chœur et piano (1917)

Ces thèmes de la liberté, de la nature, du désir, traversent l’œuvre de Janacek, et seront le matériau artistique travaillé dans ces deux spectacles, permettant de les lier, et d’encourager la circulation des publics à travers différents lieux des territoires à un niveau départemental.

La voix des Rroms

Le spectacle original de théâtre lyrique proposé par l’Arcal, Conte de Liberté / Journal d’un disparu mêle le cycle lyrique Le Journal d’un Disparu de Leos Janacek et des poèmes de la poétesse rrom et polonaise Papusza.

Dans Journal d’un disparu, on suit à travers son journal le parcours d’un jeune paysan fasciné par une tsigane chassée de son village, et qui choisit de s’enfuir avec elle et leur jeune fils.
La metteur en scène Louise Moaty a choisi également de donner voix à la tsigane, en donnant à entendre la culture littéraire rrom méconnue, avec des poèmes extraits de Chants et Poèmes et Xargatune droma (Routes d’antan) de la grande poétesse rrom et polonaise Papusza (Bronislawa Wajs 1908-1987), qui a exploré dans son œuvre les thèmes chers à Janacek : le rapport à la nature, la liberté, la marginalité (les Rroms et tsiganes ont été aussi exterminés dans les camps nazis).

Ce travail continue celui à l’œuvre dans La Petite Renarde Rusée, où se retrouve la figure de la femme libre : renarde dans La Petite Renarde Rusée ou tsigane dans Journal d’un disparu, c’est la liberté que se donnent ces femmes en s’émancipant qui attire irrésistiblement les hommes des villages de ces deux œuvres.
Nous souhaitons ici explorer la figure de projection que sont les Tsiganes dans notre représentation occidentale, lieu de fantasmes tantôt positifs comme ici chez Janacek où ils représentent la liberté, tantôt négatifs comme certains discours autour du « problème rrom » aujourd’hui. Cet usage d’un groupe comme support privilégié de nos regrets (quelles libertés nous nous autorisons ou nous nous refusons et pourquoi) ou de nos peurs est d’autant plus fort que le groupe est muet. C’est pourquoi il nous a semblé important de redonner une parole – et une parole artistique, donc transcendante – à la tsigane.

Actions participatives et dialogue inter-culturel

C’est également dans ce but que ce spectacle mêle dans son ADN la recherche artistique et le dialogue inter-culturel, par un grand nombre d’actions sur la thématique avec des relations très variées aux publics :

- participation d’un chœur amateur de 3 voix de femmes (30 personnes, issus de chorales de conservatoire, de lycées ou amateurs) au spectacle, ayant la fonction de la communauté villageoise autour de la scène.
- documentaire d’interviews autour de la culture rrom, auprès d’intellectuels spécialistes mais également auprès de communautés rrom (en particulier sur les territoires de la création de cette forme).
- interventions sur la notion de liberté avec en particulier ici l’exploration l’angle du lien ambigu entre éducation/formation et liberté
- réalisation de mini-films sur portable participatifs avec divers groupes d’habitants des territoires, avec un dispositif créatif autour de la liberté. Un spectacle protéiforme

Tout ce corpus d’actions, qui démarrera dès le début de la saison, participera de l’événement qui pourra prendre la forme suivante :

- soit le spectacle seul Conte de Liberté / Journal d’un disparu (1h)

- soit une soirée complète avec :

  • un récital du pianiste rrom Ienissei Ramic (prix CNSM de la classe d’Alain Planès) sur les influences croisées entre musique tsigane et musique classique (40mn)
  • un entracte de 45 mn avec :
    • un buffet tsigane
    • la présentation sur 3 moniteurs vidéo des films réalisés en amont sur la culture rrom et sur les créations participatives autour de la liberté.
  • le spectacle Conte de Liberté / Journal d’un disparu (environ 1h)

Par ailleurs un mini-site internet interactif permettra de montrer les films réalisés, ainsi que de la documentation sur la culture rrom et des applications ludiques (whatpad sur la liberté…).

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