Ne plus afficher cette publicité - Je m'abonne - Je suis abonné(e)
Accueil de « Belle d'hier »

Belle d'hier

Phia Ménard (Mise en scène), Jean-Luc Beaujault (Mise en scène)


La Carré

:#jesuiscritique

Parce que nous pourrions nous contenter de voir sans dire... Parce que nous sommes enthousiastes, en colère, dubitatifs, exaspérés, chamboulés... Parce que nous voudrions juste en parler... A bâtons rompus, donnez votre point de vue, échangez avec d'autres spectateurs, ayez votre avis et faites le savoir !

#jesuiscritique est l'opportunité d'un temps donné à nos spectateurs, qu'ils aient aimé ou non, ce à quoi ils viennent d'assister. Une critique dramatique accompagne ce temps et se fait la plume des échanges. Au fur et à mesure, la discussion tend à un consensus de jugement... ou pas !

Une claque. Belle d’Hier ne laisse pourtant pas sans voix ses spectateurs du soir encore abasourdis par la dernière proposition de la jongleuse performeuse, Phia Ménard, présentée le mercredi 13 janvier 2016 au théâtre des Ursulines, à Château-Gontier (53), dans le cadre de la programmation du Carré, Scène nationale – Centre d’art contemporain.

Le pitch
Phia Ménard décide d’en finir avec un des piliers de la condition des femmes, le prince charmant.
Celui qui a bercé des générations de fillettes est en toc, qu’on se le dise. Et s’il prétend te révéler, c’est pour mieux te dominer mon enfant. Sus à l’hétéropatriarcat ! Belle d’hier, 1h30 pour anéantir le mythe.

Très pour à quelques petits bémols près…
Belle d’hier ou la naissance de la Femme entre violence et émancipation. Ce spectacle est comme un rêve éveillé qui subjugue dans son inquiétante étrangeté.
La pièce s’ouvre sur un premier tableau mystérieux. Qui sont ces silhouettes gelées qui une à une investissent le plateau ? Des revenants d’un univers intergalactique scrutés par des scientifiques de l’espace ? Des fantômes tout droit venus de la préhistoire, gelés dans la mémoire d’un passé grandiose qui aurait résisté au temps ? Des Hobbits prêts à la lutte pour reconquérir le pouvoir absolu de l’anneau ?
Nul ne sait vraiment, mais ici règne l’angoisse pétrifiante, l’enfer. Pendant de longues minutes, confrontées à la chaleur du présent, les silhouettes fondent, s’écroulent telles des pièces d’un jeu d’échec dont personne ne peut sortir vainqueur. Il y a quelque chose de fascinant dans cette agonie qui prend des allures de ballet quand peu à peu les personnages révèlent leur singularité dans la défaite. Qui sera terrassé par la chute brutale, qui résistera jusqu’au dernier souffle ?
Un moment visuel, plastique, spectaculaire. A leur côté, les gardiennes veillent, attendent leur heure pour achever la dissolution. L’histoire peut enfin commencer, la marche vers l’émancipation est inéluctable. La femme va vivre, débarrassée de ses figures tutélaires de mâles qu’elle a longtemps cru magnifiques. Mais pour se libérer des carcans qui pèsent sur elle, la guerrière doit achever définitivement son oppresseur. Et elle s’y emploie à nettoyer, jusqu’à faire disparaître toute trace de son pouvoir.
Progressivement, elle peut ôter sa carapace jusqu’à retirer ses propres vêtements et renaître enfin sans fard, dans sa nudité. Les performeuses sont en colère, elles ponctuent leur travail de cris de guerre pour se donner du cœur à l’ouvrage, sons primitifs qui les fédèrent aussi dans la tâche. Il y a l’Afrique dans la danse, de l’acharnement mécanique aussi. Mais lorsque le rideau transparent tombe sur le plateau, la distance s’installe, quasi cinématographique. Derrière, les filles rient sans vraie joie. Peut- être parce que le combat ne semble jamais gagné ou toujours à mener. Le brouillard envahit le plateau, enveloppe leur nudité fragile, elles sont sorties du trou, vont repartir vers un autre trou, un autre monde, une renaissance à la lumière qui peut laisser penser à un cycle achevé de la vie à la mort…

Belle d’hier, un spectacle féministe, politique ? Les interprétations varient et c’est sans doute la force de ce spectacle. La métamorphose violente qui se joue sous nos yeux, raconte toutes les gangues, toutes les dominations qu’elles soient religieuses, morales ou sociétales. C’est une proposition radicale, exigeante, qui prend le risque de nous laisser à la porte tant le premier tableau est lent. Mais l’attente vaut la peine pour peu que l’on s’accroche, Belle d’hier est un spectacle d’une grande beauté esthétique. Inédit.

Par Le Carré des critiques
Le mercredi 13 janvier 2016.

Anne Quentin

On en parle dans la presse et sur le web

mouvement.net

Image de la critique de mouvement.net

vendredi 20 mai 2016

Joli, jolie, joli(e)s

Par Agnès Dopff

En cette veille de Fête des mères – qui nous rappelle que l'essentiel, c'est d'être belle – l'artiste Phia Ménard collectivise les travaux domestiques pour mieux hâter le nettoyage des mœurs avec Belle d'hier....

Lire l'article sur mouvement.net

Image de la critique de Theatreactu

dimanche 04 octobre 2015

Un conte entre deux-eaux

Par Pierre-Alexandre Culo

Artiste de la transformation, du corps à la matière, Phia Ménard propose une création intime et révoltée sur une société polluée par les mythes patriarcaux, ayant pour cible directe la figure immuable et dominatrice du prince charmant. A travers une proposition complexe et convenue, l’artiste tente d’offrir un conte féministe qui laisse pourtant apparaître une vision hystérique et machiste d’une féminité en ébullition.

Lire l'article sur Theatreactu

Ne plus afficher cette publicité - Je m'abonne - Je suis abonné(e)