Biljana Srbljanovic appartient à cette vague d’auteurs qui, depuis une vingtaine d’années, chamboulent l’écriture dramatique en Europe. De nationalités et de sensibilités
différentes, cette génération a pour points communs une saisie à vif de la réalité contemporaine, souvent dans des formes vives, où le sexe et la violence sont très présents.
Plus que d’autres, Biljana Srbljanovic utilise l’arme du grotesque.
Elle force le trait, cultive l’outrance, à la manière d’un Jérôme Bosch. Supermarket en est une superbe illustration. Contrairement à ce que le titre semble indiquer,
toute la pièce se déroule dans une école. Un journaliste vient interviewer le directeur. Au long des 32 scènes, le visage des apparences se fi ssure : tout n’est que
mensonge, petites tromperies, recherche de plaisir immédiat, dans un climat délétère. Un puissant tourbillon pour dire la solitude et le désarroi.
Après notamment deux pièces de Marius von Mayenburg (Visage de feu et Le moche), la Compagnie Gianni Schneider poursuit son exploration des écritures
contemporaines, comme si c’était le moyen de passer le monde d’aujourd’hui au scanner.
Coproduction Cie Gianni Schneider, Théâtre Vidy-Lausanne
Productions déléguées : Théâtre Vidy-Lausanne
© Mario Del Curto