Les camps japonais
Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1942, les autorités japonaises des Indes néerlandaises décidèrent d’interner les citoyens des pays d’Europe. Des camps séparés furent
aménagés pour, d’une part, les femmes et les jeunes enfants et, d’autre part, les hommes et les adolescents. La vie dans ces camps était rude. Les gardes japonais brutalisaient
les détenus, la nourriture manquait souvent cruellement et l’incertitude quant à l’issue de la situation était grande.
Rouge décanté est une élégie pour la mère morte et une évocation des camps de concentration japonais de la Seconde Guerre mondiale. En effet, en 1943, Jeroen Brouwers, qui avait trois ans à l’époque, fut interné avec sa soeur, sa mère et sa grand-mère au camp pour femmes Tjideng, dans l’actuelle Jakarta. L’auteur relate comment, lors du séjour dans le camp, ses rapports avec sa mère furent irrémédiablement brisés pour le reste de sa vie, et comment chacune de ses relations amoureuses succomba sous ce fardeau.
L’ oeuvre de Jeroen Brouwers occupe une position à part, à plusieurs égards, dans le monde des lettres néerlandaises. Ses oeuvres s’articulent autour de trois thèmes: l’amour,
la littérature et la mort. Les rapports difficiles entre les sexes, l’angoisse qu’inspirent tant la vie que la mort, l’obsession de la corporéité et du côté éphémère de la vie,
du souvenir et de l’oubli, la lutte qu’il faut engager avec la littérature et la nécessité d’écrire – ils reviennent tous, tels des motifs musicaux, dans des variations
changeant à l’infini.
« Je veux que mon oeuvre forme un seul grand ensemble ». Cette oeuvre n’est jamais distincte de la vie de l’auteur, affirme Brouwers. Pourtant, ses écrits
vont au-delà de l’anecdote autobiographique.
En 1995, Jeroen Brouwers a reçu le Prix Fémina étranger pour Rouge décanté (Editions Gallimard 1995, réédité en « Folio » par Gallimard 1997)
Coproduction Toneelhuis , RO Theater