Sur fond de trame historique, Richard III est une pièce sur le chaos, une allégorie du mal absolu, une vision vertigineuse des mécanismes du pouvoir. Pour accéder au
trône, ce personnage difforme et laid ne respecte rien, ni l’amitié, ni l’amour, ni la religion. Ce tyran à moitié fou ne recule devant rien, ni l’infanticide, ni le fratricide,
ni l’incitation au suicide. Le mal absolu, on vous dit...
Pour éviter au spectateur de s’identifier à ce Richard contre nature qui n’a rien d’humain, le metteur en scène David Gauchard a demandé à un comédien, à un musicien et à un
rappeur de jouer ensemble le rôle-titre. Trois Richard pour Richard III, donc : le comédien Vincent Mourlon dialogue avec une dizaine d’acteurs filmés et projetés
pendant que la guitare d’Olivier Mellano prolonge le noir entre les lignes, parfois relayée par la musique électronique du rappeur Arm.
À la croisée du théâtre, de la vidéo et de la musique, ce spectacle ne se contente pas de revisiter Shakespeare d’une manière inédite. Il nous dit aussi, par son style
protéiforme, que trois modes d’expression ne sont pas de trop pour tenter de dire l’indicible, de traquer l’innommable, d’approcher la noirceur définitive de ce serial killer
d’une époque révolue, certes, mais qui n’est peut-être pas si éloignée de la nôtre...
Programme Saison 2011/2012 - Scènes du Jura Lons-le-Saunier
Scènes du Jura