Un immeuble. Dans chaque appartement, dans chaque pièce, des mensonges ; des secrets soigneusement dissimulés. Les personnages jouent avec les lignes, flirtent avec la
loi jusqu’au passage à l’acte qui fera d’eux des criminels. Bruckner a imaginé une machine théâtrale aussi rigoureusement construite que La Vie mode d’emploi de Perec et aussi
implacable que Fenêtre sur cour de Hitchcock. Le spectateur est plongé dans la vie de ces personnages. Comme dans un film choral, il reconstitue avec jubilation le passé de
chacun. Il assemble le puzzle de la petite société qui se présente, morcelée, devant lui. Et il assiste, impuissant, à l’écrasement des plus faibles et à la montée en puissance
des vainqueurs, ceux qui ont su échapper à la justice.
Richard Brunel met en lumière les lignes de vie, les destins des personnages. Il s’attache à chacun d’eux, révélant les fractures et les béances de tous. La mise en scène crée
habilement, comme au cinéma, des plans larges et des gros plans. Et comme au cinéma, elle interroge le rapport entre l’espace et le temps, entre le champ et le hors-champ. Un
moment de théâtre fort. Un moment de théâtre essentiel pour penser le rapport entre justice et société.
Production : La Comédie de Valence
Coproduction CDDB-Théâtre de Lorient, La Comédie de Saint-Etienne
© Jean-Louis Fernandez