La Niaque, premier texte de théâtre qu’il a écrit, Chad Chenouga explore les thèmes qui lui sont chers et qu’il a abordés dans plusieurs films : l’enfance et
l’adolescence tourmentées. La Niaque est la transposition théâtrale d’une expérience personnelle. Sur un mode intime, Nassim nous livre un an de sa vie d’adolescent de
16 ans : suite au décès de sa mère, placé dans un foyer de la DASS, il tente de se construire par l’école, tombe amoureux de son éducatrice, et refuse avec ses camarades de
foyer de se soumettre à l’autorité versatile du nouveau directeur...
Au travers d’un parcours d’adolescent, La Niaque traverse la question de la « résilience ».
Ce n’est pas juste le parcours positif d’un adolescent, qui survit à une épreuve majeure et en sort grandi, mais aussi ce qui accompagne ce mouvement ; le cheminement
d’un combat intérieur plus étrange et plus intime.
Deux danseurs de Krump accompagnent l’adolescent en scène. À travers leur danse très tonique, ils expriment, par-delà les mots, les obsessions, les énergies positives ou
négatives de Nassim…
La Niaque questionne également le rapport d’un adolescent de cité à la langue française. En passant d’un monde (le foyer) à l’autre (le lycée), Nassim doit s’adapter à
des codes de langages très différents. Peut-être Nassim se rend-il compte que sa richesse et sa force résident dans sa capacité à pouvoir jouer avec la langue… Est-ce cette
conscience qui lui permet d’aller jusqu’à faire sienne (en songe) celle de Montesquieu et des Lettres persanes ?
Production : Théâtre Nanterre-Amandiers
© Pascal Béjean /Chad Chenouga photographié le 25 mars 2010