Jungles décortique nos petits travers pour mieux dévoiler l’homme sauvagement civilisé qui est en nous.
En 2008, Patrice Thibaud créait à Chaillot, Cocorico, une comédie burlesque construite sur l’alliance de la pantomime et de la musique. Deux personnages tâchaient de
trouver leur équilibre en inventant des numéros et des jeux, et nous faisaient voyager du défilé du 14 juillet au far west américain, en passant par le ventre d’un lion et une
mare aux canards. En 2011, Patrice Thibaud proposait sa seconde création, Jungles. Si le spectacle reste dans la veine du burlesque, l’entente cordiale laisse désormais
la place à la bestialité pour montrer l’« animalité plus ou moins refoulée qui peut à tout moment prendre le pas sur l’homme “civilisé” ». Les frictions entre nature
et culture font ainsi évoluer les personnages vers la sauvagerie la plus primaire. Ils ne sont plus deux mais trois, posés (atterris ?) dans un espace amovible, à la fois
cabane, tanière, forteresse ou encore castelet de fortune, suivant la fonction qu’ils lui donnent. Comme dans la jungle, ils doivent défendre leurs territoires, géographiques et
symboliques. Pour mettre en place leurs stratégies de survie – manger, boire, se reproduire –, ils n’hésitent alors pas à bafouer les règles de la vie en société et se
saisissent de l’autre comme ils se saisiraient d’une liane. Entre attrait et répulsion, séduction et coups de bâton, ils s’apprivoisent avec la vigueur d’un chat face à une
souris. Ils se relèvent cependant toujours après les chutes et les coups, prêts à prendre la prochaine claque, portés par une pulsion de vie animale, en lien avec la vitalité du
burlesque.
Programme de saison 2011-12 - Théâtre national de Chaillot
Marie Duret-Pujol
Production : Productions Illimitées
Coproduction Théâtre National de Chaillot, La Comète, Grand Théâtre de Luxembourg, Théâtre de Vienne, Théâtre de Nîmes, Théâtre d'Esch
© Christophe Manquillet