Derrière la porte verrouillée, des cris. À peine sortie de l’enfance, une gamine nue, enfermée, allaite son môme. Le père du môme ? probablement le père de la fille. La
mère ferme les yeux, se fait maquiller. Aveugle en tout, elle enrage. Un loup vient raconter l’histoire, et l’horreur domestique laisse place au conte cruel et fantastique. La
gamine mord le père à l’oreille et emporte l’enfant. Dans la forêt profonde, l’enfant grandit, se nourrit en dévorant sa mère et rencontre le loup. L’enfant connaît la faim et
le froid, mais ni la peur ni l’effroi. Il bouffe le loup, endosse sa peau et rejoint la ville pour y régler leurs comptes à ses semblables humains qui ont fait de lui un
monstre.
Vingt ans plus tard, quand le jeune homme débarque, l’homme et la femme, ses grands-parents, traînent un minable cirque ; numéros de cracheur de feu et de
cartomancienne. L’enfant les retrouve, s’occupe de leur sort, sans s’inscrire pourtant ni dans la vengeance ni dans le pardon. Et le loup souligne : « L’homme, un
loup pour l’homme ? ce propos désormais, je le tiens pour dégradant. »
Plaquette saison 2010-11 - Théâtre du Rond-Point
Coproduction Théâtre du Rond-Point, Félix Ascot