Molière a écrit son Dom Juan juste après le scandale du Tartuffe; c’est un homme en colère, haïssant la censure et la bien-pensance, qui reprend le personnage
inventé par Tirso de Molina pour en livrer sa version. Libertin, ne craignant pas de défier Dieu, manipulateur, menteur, arrogant et cynique, Dom Juan passe de femme en femme,
leur promet le mariage pour les séduire, qu’elles soient nobles ou paysannes. «L’abuseur», suivi du seul Sganarelle, n’est fidèle qu’au refus de se lier, principe avec
lequel il ne transigera jamais, même si cela le condamne à une mort certaine.
Pour Julie Brochen, directrice du Théâtre National de Strasbourg, Dom Juan n’est pas un simple séducteur mais un homme qui revendique son anticonformisme. Son absolu besoin de
liberté et son insoumission composent une vision politique en soi. Elle a réuni pour cette création, aux côtés des comédiens de la troupe permanente du TNS, de jeunes acteurs
fraîchement sortis de l’École. Elle a choisi un décor qui peut rappeler une écurie et composé une esthétique baroque où la terre, le bois et le fer contrastent avec de lumineux
costumes d’époque de style hispanisant. Et le sol quadrillé de noir et de blanc, renvoyant à un plateau d’échecs, nous rappelle que Dom Juan est un homme qui joue avec la
morale, avec nos nerfs, avec la vie. La partie qui oppose un Dom Juan de fougue et de jeunesse à tous les conformismes et les carcans peut s’engager.
Programme Saison 2011/2012 Nouveau Théâtre CDN de Besançon
Production : TNS