De gehangenen (les pendus), ce sont les Thomas incrédules qui osent poser des questions à voix haute. Ils ne peuvent se résigner à ce qui est déjà connu ou ce
qui est écrit. Ils s'investissent dans leurs recherches pour assouvir leur propre soif de connaissance. Nul ne reconnaît leurs efforts. Souvent, ils doivent payer leur curiosité
de leur vie. Tel fut le cas pour Giordano Bruno, qui fut déclaré hérétique et condamné au bûcher en 1600 parce que sa théorie postulait un univers infini, dont le soleil n'était
qu'un des nombreux astres.
Dans cette nouvelle production de théâtre musical de Josse De Pauw pour Lod, l'orchestre a porté à la scène une composition de Jan Kuijken. Un récit musical où les tensions
naissent de l'interaction entre l'orchestre, les acteurs, les chanteurs et des enregistrements vocaux et sonores. Deux acteurs et trois chanteurs sont suspendus au-dessus des
musiciens. De Pauw a écrit pour eux une partie récitée et une partie chantée. Les chants latins sont des prières empreintes de miséricorde, d'élégies angoissantes, mais aussi de
larges narrations offrant un contexte. Le texte destiné aux acteurs exprime la pensée et les sentiments des chercheurs, des scientifiques et curieux. 'De Gehangenen' (les
pendus) rend hommage à tous ces visionnaires qui en raison de leurs convictions, ont été pendus, torturés, brûlés ou enfermés.