La langue est une maladie contagieuse. La jouer, (la dire, simplement) s'apparente à une recherche de vaccin.
Il faut s'inoculer à soi-même le germe. Tenter de parler cette langue-là, très précisément, son souffle, son rythme.
Il faut faire de son propre corps, de sa propre tête, le terrain de l'expérience. Et assister chaque jour à l’avancée des dégâts.
La mise en scène n'est pas un excès, un ajout, quelque chose qui vient par dessus, recouvrir le texte.
Elle est par nature un défaut, un retrait, quelque chose qui vient d'en dessous, découvrir le texte ; soustraire l'encombrant, l'inutile. Tenter dans son appréhension
des mots et du sens, de ne pas faire écran. Disparaître. Laisser la place.
Ici, quelque chose comme une double improvisation (pas du texte, aucune virgule ne manquera) de l'acteur (moi) et de la lumière. Pas non plus performance, un moment bizarre de (on on ose à peine prononcer ce mot) théâtre dont le seul décor le seul personnage la seule action serait la phrase.
Jean-Marc Bourg