Dans cette dissection au scalpel des rapports d’un couple et de ce couple au monde, dans un incessant va-et-vient horriblement drôle, il y a comme un concentré de toutes les
petites misères humaines, de toutes les avanies quotidiennes, de tous les renoncements mais aussi - et paradoxalement - de tous les espoirs enfouis.
Occident, c’est une bataille à la vie à la mort entre deux êtres perdus, qui se sont comme retranchés du monde policé, dans l’absolue nécessité et la pure vanité de
triompher de l’autre, de ne jamais rien céder à l’autre. Sinon, ils s’écroulent ou s’en vont.
Occident, c’est un échange âpre, trivial, dérangeant parfois dans sa violence.
Occident, c’est un art du dialogue consommé, une mécanique de précision presque vaudevillesque où le rire advient brutalement, sauvagement. Puis se glace dans la gorge
puis revient encore, toujours plus effrayant.
Occident, c’est aussi la peinture de la descente aux enfers d’un homme qui peu à peu glisse vers l’extrémisme, doucement, sciemment, sans jamais s’en émouvoir. Une
petite suée dans le dos de nos bonnes consciences.
Dag Jeanneret