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Paroles d’auteur

Y a-t-il des auteurs qui influencent votre travail d’écriture ?

Fausto Paravidino : J'aime beaucoup Genet, Pinter, Tchekhov, Eduardo De Filippo

J'avais déjà remarqué lors de vos conférences, un attachement à Eduardo De Filippo. Ce n'est pas commun...

Fausto Paravidino : C'est vrai. C'est comme si une certaine culture académique du théâtre ne lui pardonnait pas son statut de directeur de troupe et d'acteur : la valeur de son écriture est mise au second plan. Et pourtant, il avait réussi à transposer son époque au théâtre et à créer une forme authentique de théâtre populaire. Lors d'un congrès auquel j'ai participé à Rome, il a été dit qu'à la différence des Anglais et des Français, nous n'avions pas eu au 20e siècle de véritable phénomène de théâtre populaire. Ce n'est pas vrai.

De quelle manière abordez-vous votre propre travail d'écriture ?

Fausto Paravidino : J’écris comme les gens parlent. Je m’efforce, dans tout ce que je fais, de travailler dans ce sens. D’aucuns soulignent le risque d’appauvrir la littérature en faveur de la vraisemblance. Qui craint la vraisemblance, selon moi, n’aime pas la vie mais lui-même, pense détenir une certaine suprématie, se place dans une position irrémédiable de non écoute, et fait de la littérature pour la littérature. Je ne cherche pas pour autant à traduire une linguistique qui imiterait la langue parlée. Je soutiens seulement que la réalité telle qu’elle nous apparaît est souvent plus intéressante qu’un raisonnement articulé autour de cette réalité. Raisonnement qui risque de la perdre de vue et de devenir un raisonnement du raisonnement : une célébration de soi. Je préfère les conversations de cafés aux grands raisonnements. Les dialogues qui se ressemblent contiennent de petites différences qui éclairent sur la nature des personnes qui les prononcent plus que la plupart des grands discours brillamment articulés.

J’aime les gens, ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Pour moi la littérature est la réalité du jour d’avant telle que je me la rappelle le jour d’après. Mon écriture est le filtre inévitable que je pose sur cette réalité. Chaque rêve est un rêve, il n’existe pas en soi, il existe parce qu’il est un rêve et le rêveur est son poète.

Extrait de l'interview réalisée par Maria Francesca Destefanis pour le Magazine théâtral en ligne Bardolatry. Avril 2002


Mario continue de regarder la petite et murmure : « Trouvez les salauds qui ont fait ça ». J’éprouve une tendresse inouïe en l’entendant inventer ces mots qui ne lui ressemblent pas, il est tout petit, tout à coup je l’aime comme si je découvrais en lui quelque chose de très beau qu’il ne m’a jamais montré.

Mother in Nature morte dans un fossé


Paroles de metteur en scène

C’est une « nature morte », comme disent les artistes peintres, dans un fossé.

C’est très simple, c’est banal, ça a lieu tous les jours, on ne fait plus d’histoires, on fait une enquête et c’est tout : le corps d’une fille est retrouvé dans un quelconque fossé le long d’une quelconque route d’une quelconque campagne. On réunit quelques quelconques personnes qui donnent, au sujet de cet objet humain mort, quelques renseignements.

Pourquoi ? Pourquoi a-t-on besoin de savoir ce qui est arrivé à cet être qui fut vivant, ce qui a fait de lui un être mort ? D’où vient cet ancestral besoin, d’où vient cette infinie angoisse de savoir le comment de la mort, le pourquoi de la mort ? Pourquoi ne se contente-t-on pas de renifler le corps, de « ne plus » le reconnaître comme faisant partie du clan, et de le laisser là pour ce qu’il est maintenant : une « charogne » comme dit Baudelaire.

Et si ça venait du tout premier humanoïde qui a eu réellement conscience de la mort de l’un des siens et qui a voulu le protéger au-delà du grand vide, le comprendre, l’aimer au-delà de toute espérance, au-delà du possible, au-delà de la vie, dans ce monde effroyable où errent ceux qui ont été vivants ?

La pièce de Fausto Paravidino est une enquête policière avec ses habituels intervenants : un cadavre, des suspects proches et lointains, la recherche d’une « vérité », un deuil à faire, une affaire à classer. Sauf qu’au fond du gouffre, il se pourrait que Fausto Paravidino dévoile un peu le Monstre.

Jules-Henri Marchant


Je suis en train de suivre une seule piste.
Je veux y croire. Je veux que ce ne soit qu’une affaire de drogue.
Je veux que ma victime ait vendu du sexe en échange de sa dose.
Je le veux pour neutraliser la violence.
Pour la rendre moins dangereuse.
Pour confirmer qu’ils ne se tuent qu’entre eux.
Mais peut-être que j’ai tort. Peut-être que ce n’est pas comme ça.
Peut-être que la violence est moins prévisible…

Inspecteur Cop in Nature morte dans un fossé