« Car le secret d’un homme, ce n’est pas son complexe d’Oedipe ou d’infériorité, c’est la limite même de sa liberté, c’est son pouvoir de résistance aux supplices et à la mort. » LA REPUBLIQUE DU SILENCE de Jean-Paul Sartre
Le théâtre est toujours peuplé de boîtes à secrets.
Dans « Les Mains Sales », il y a la poche d’un veston d’homme et, dans cette poche, une toute petite clé.
La clé ouvre la serrure d’une valise de cuir où dorment douze photos.
Sur les photos, un enfant à différents âges de sa vie.
L’enfant des photos est un homme aujourd’hui : l’homme du veston.
Et le secret de l’homme, ce sont les photos de son enfance.
Mais juste à côté des photos, au fond de la valise, l’homme a rangé un pistolet. L’arme est l’autre secret de l’homme : il veut être un assassin et personne ne le sait
encore, personne ne peut le croire encore.
Au milieu de l’innocence, il y a le mensonge, comme au milieu du plaisir il y a la peur, ou bien l’amour au milieu de la guerre.
Dans le théâtre de Sartre, les mains sales cachent une âme pure, l’innocence dissimule la folie meurtrière et l’humanisme sert d’alibi à la compromission.
Autant de secrets soigneusement rangés au fond de beaucoup de petites valises de cuir, dont les clés reposent peut-être au secret de nos poches de vestons.
Guy Pierre Couleau
05 janvier 2009