À de très nombreuses reprises, Christophe Tarkos a mis ses propres textes en jeu sous forme de lectures performances, avec le soutien de partenaires compositeurs et
instrumentistes. Cette liberté d’écriture m’a donné envie d’aller audelà d’une “performance de lecture”. Cet amour de “la pâte mot” matière texte mise en page, variation de
rythme, d’énergie… séries, ballades, appellent non seulement à l’oralité, mais offrent aussi la possibilité de créer un spectacle grâce aux ambiances, personnages et climats qui
ressortent de l’oeuvre.
De l’écriture découle une forme scénique. L’écriture de Christophe Tarkos est surprenante: humoristique, acide, répétitive... Cette parole qu’il définit luimême comme étant de
la “pâte mot” se frotte avec évidence à la contrebasse et à la guitare de Fil. Ce travail est une nouvelle occasion de rencontre avec un compositeur et musicien
interprète.
L’écriture de Christophe Tarkos est d’une telle énergie que nous avons choisi de focaliser l’attention scénique sur deux places principales en avant-scène. Le musicien avec ses
instruments: contrebasse, guitare électrique, pédale de boucle, et le comédien en un point fixe avec micro. Il n’y a pas de construction en volume, mais la présence de supports
typographiques rappellent par la projection ou d’autres moyens, des traces de lectures primitives.
À travers toute la richesse éditoriale de Christophe Tarkos, nous avons choisi des passages. Nous dessinons notre propre voyage à partir de ces climats, ambiances, réflexions.
Un voyage éclairé par une composition originale de Fil. Le comédien est porteur de voix, évocateur de présences, et parfois il incarne des personnages.
Multitude de scènes: dans un train, une histoire d’amour déçue, deux cow-boys parlant d’hygiène, une leçon de plomberie, promenade dans un parc, la neige qui tombe, un exposé
philosophique…
C’est un voyage qui nous entraîne au côté de figures insolites, à la verve féroce ou à la parole apaisante. Christophe Tarkos nous a laissé une oeuvre profondément humaine, ses
livres accompagnent ceux qui aiment une part de la poésie contemporaine. Mais pour beaucoup, il reste à découvrir.
Philippe Languille