Fabrice Melquiot n’écrit pas “pour l’enfance” mais “depuis l’enfance”. Chacun peut donc être touché par Bouli Miro, récit initiatique d’un petit garçon qui, aidé par l’amour de
ses proches, va progressivement grandir en (essayant de) dominer ses peurs, donc de trouver un sens à sa vie.
C’est grâce à l’amour de son entourage que Bouli accepte de vivre. L’auteur décline ici toutes les formes d’amours, de celui qui construit à celui qui empêche d’exister :
l’amour parent-enfant, celui qui existe entre deux adultes, l’amour enfantin, l’amour mature, le coup de foudre, l’amour trouble teinté de pédophilie... Et, au bout du compte,
c’est l’amour de la vie qui prend le dessus. Par un jeu subtil avec le langage, et à travers des situations rocambolesques et invraisemblables, c’est la gravité des questions
des enfants (gravité qui parfois déroute les adultes au point de les laisser pantois) qui est portée à la scène. Si Bouli Miro raconte les difficultés de vivre d’un enfant, le
traitement n’est jamais tragique. La forme est enfantine, les situations cocasses et les personnages portent un regard poétique et décalé sur le monde. À travers le rire, c’est
la force de la vie qui apparaît.
Des acteurs adultes jouent des enfants : il ne s’agit pas de “faire les enfants”, mais de retrouver cette fraîcheur des émotions, et la vivacité des questionnements
d’enfants dont on se souvient même adultes.