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Ysteria

de Gérard Watkins

Présentation

Vieille affaire que celle de l’hystérie : du trouble ovarien selon
Platon aux sorcières face à leurs inquisiteurs du Moyen Âge, jusqu’aux
grandes leçons de Charcot à la Salpêtrière et aux Etudes sur l’hystérie
de Freud et Breuer en 1895, cette affection – réputée féminine – fait
énigme et a, de tout temps, constitué un défi au savoir –
traditionnellement masculin – qu’il soit religieux, juridique ou
médical. Mais qu’entend-on par ce terme ? Des atteintes corporelles
(soudaine cécité, paralysie…), des troubles de l’humeur (rires, pleurs),
de la mémoire, de la parole (aphasie, volubilité), convulsions,
histrionisme… Aucun symptôme ne peut être dit typique. Toutefois Freud
l’a posé définitivement : « l’hystérique souffre de réminiscences ».
Mais aussi, l’hystérie instaure un mode de relation qui, par l’esquive
ou la provocation, bouleverse le confort des savoirs, conteste l’ordre
des familles et des services. « Moyen suprême d’expression » selon André
Breton, l’hystérie, engageant le corps, rend manifeste qu’il y a lieu
sans cesse de créer, d’inventer, de désirer : elle est un « bastion de
résistance au bonheur masculin… en langage poétique. »