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Couverture de Sous l'armure

Sous l'armure

de Catherine Anne


Sous l'armure :Le titre

Armure : association d'idées

L’armure est le terme clef du titre, qui par conséquent « ouvre » une porte – à lui seul en effet, il fait surgir tout un monde : époques anciennes, chevalerie, princesses, c’est tout le Moyen Âge qui se trouve convoqué. On pourra donc commencer par interroger les élèves à partir du titre sur les images type que celui-ci fait naître dans leur esprit.
Faites la liste, individuellement, de ce que le titre fait surgir comme images dans votre esprit. Mise en commun.

Châteaux, princesses, guerres, mort, magie, pouvoir, dragons, etc., ne manqueront sans doute pas d’appa- raître. Garder de côté cette première « liste » pour y revenir ensuite, après une lecture ou une représentation : elle peut permettre de mesurer ce que l’auteure a voulu garder de notre imaginaire «classique» du Moyen Âge et ce qu’elle a au contraire cherché à bousculer ou à réinventer (figure étonnante de « la » Ménestrelle). Par le titre, et donc avant même d’avoir lu la pièce, on situe d’emblée cette œuvre dans l’univers particulier du Moyen Âge.

Proposer aux élèves de faire quelques lectures, utiles pour mieux comprendre la pièce : comment est structurée la société au Moyen Âge ? Quels sont les principaux rapports d’autorité ?

Sur le site web de la BNF on trouve, autour de l’enfance au Moyen Âge, de nombreuses et précieuses informations : • Sur la hiérarchisation de la société, en particulier Une iconographie variée • Voir aussi, sur la société au Moyen Âge, le fichier PDF du portail des écoles de Melun.

Prendre la mesure de la très forte hiérarchisation de la société moyenâgeuse permettra aux élèves de mieux comprendre le poids de l’autorité paternelle. Et d’inscrire dans une époque et une tradition particulières les idées de «destins» ou de vies «écrites d’avance».

À quoi ressemble une armure ? Proposer aux élèves de dessiner des armures pour confronter ensuite leurs représentations à des images de véritables armures et aux croquis de la costumière. (cf. annexe p.20)
On fera appel à des documents iconographiques tirés de livres, d’encyclopédies, ou encore d’Internet. Mieux encore, si cela est possible, on pourra montrer aux élèves des armures réelles : le musée des beaux-arts de la ville de Dijon, où la pièce est créée, présente toute une collection d’armures du Moyen Âge.
Voir par exemple l’image «salle des armes» • Le site de la Réunion des musées nationaux (RMN) offre une vaste banque de photographies en lignes • Le site du musée de l’armée (Invalides) présente également en ligne des fiches très intéressantes et précises sur les armes et « armures » du Moyen Âge, avec images

Comment définir une armure ? À quoi sert une armure ? Recherche documentaire (textes et images).
Le travail pourra s’engager à partir de simples définitions du dictionnaire. Exemple : Le dictionnaire Larousse la définit, au premier sens, comme « l’ensemble des armes défensives qui protègent le corps et les membres, comme le casque, la cuirasse, etc.». L’armure, c’est donc avant tout, bien sûr, ce qui protège, lors des combats.

À partir des définitions du dictionnaire, amener les élèves vers les sens plus littéraires ou figurés, comme lorsqu’on parle d’une « armure d’indifférence » (c’est l’exemple du Larousse). On veillera à ce que les élèves gardent à l’esprit que porter une armure peut donc avoir aussi un sens symbolique : la richesse du texte de Catherine Anne doit évidemment beaucoup à la portée de ce symbole.

Sous l'armure : Quel sens ? Comment l'entendre : protéger ? cacher ?

Interroger les élèves, à l’oral ou sous forme écrite, sur ce que révèle la nécessité d’une armure : pourquoi les chevaliers ont-ils besoin d’une armure ?

Si nous avons besoin d’une armure pour nous protéger, c’est que nous sommes fragiles. Vulnérables. Mettre en tension ces deux idées : vulnérabilité/toute-puissance apparente de l’individu en armure.

Pour des élèves qui auraient lu le texte :
Scène VII, Christine, fiévreuse, raconte le combat et dit qu’elle a entendu « un gémissement de bébé sous l’armure ». Comment comprenez-vous cette phrase ?
Exemples (élèves d’une classe de 5e du collège Saint-Bénigne de Dijon, octobre 2015) «Je pense qu’elle pensait à son petit frère.» ; «Pour moi cette phrase est très importante car elle veut dire que nous avons chacun un petit bout de bébé enfoui en nous qui ressort de temps en temps lorsqu’on pleure et aussi lorsqu’on a des blessures.» ; «Je pense que c’est un soldat qui pleure à cause de ses blessures et ça ressemble à des gémissements de bébé ; elle pense à son petit frère.» ; «Pour moi cela veut dire que même si on est quelqu’un de courageux et de fort on est toujours faible quelque part au fond de nous, on a toujours besoin de quelqu’un pour nous soutenir et nous consoler.» ; «Cette phrase me provoque une impression comme quoi même un chevalier grand, fort, prêt à se battre à la guerre, garde toujours une âme d’enfant dans son cœur, il a toujours une certaine sensibilité innocente.»

Qu’y a-t-il toujours «sous» une armure ?
L’armure protège mais cache aussi. Impossible d’identifier ou de reconnaître un chevalier en armure. Pourtant, sous chaque armure, il y a une personne singulière : cette singularité est masquée par l’armure, mais si on l’ôte on découvrira que dessous se cache vraiment « quelqu’un ».
Une armure est donc toujours comme une « carapace », qui nous protège mais aussi cache ce que nous sommes vraiment.

Amener les élèves à réfléchir à l’idée de la carapace ou du masque, à partir de leurs expériences.
Porte-t-on encore des armures, hors contexte particulier d’un jeu de rôle ? Quelles fonctions ont nos vête- ments, au quotidien ? Si nous nous les représentons comme autant d’« armures contemporaines », de quoi nous protègent-ils ?

Proposer aux élèves, soit individuellement soit par petits groupes, d’engager une réflexion autour de leur propre «armure-vêtement» : décrire sa tenue du jour ; la comparer avec d’autres tenues possibles ; nommer ce qui peut varier – types de vêtements (sport, ville...), styles, etc.
À partir de là, amener les élèves à réfléchir à la fonction symbolique du vêtement, son unique fonction n’étant évidemment pas de cacher notre nudité.

Sur toutes ces questions, le travail du photographe néerlandais Eijkelboom mérite tout particulièrement notre attention : depuis les années 70 il s’interroge sur ce que nos styles vestimentaires disent de nous, de notre identité et de notre culture. On pourra par exemple présenter son travail aux élèves à partir de cette courte séquence vidéo (6 min) :


À partir de ces supports, stimuler la réflexion par une série de questions : à travers nos vêtements que cherchons-nous à cacher ? Ou au contraire à exprimer ? Nos singularités ? Et lorsque nous sommes dépendants des modes ? Avons-nous vraiment une liberté de choix ? Ne sommes-nous pas prisonniers de certains «rôles» ? Éclairer ce travail de réflexion autour du vêtement, à la lumière de ce que dit Catherine Anne de nos « armures contemporaines » (voir entretien en annexe p.14) : si l’armure n’est plus aujourd’hui celle du che- valier qui guerroie, elle peut être « le costume cravate, la robe lamée, tout ce qu’on met sur soi pour affirmer quelque chose de soi ou pour se protéger » (rencontre de l’auteur avec des élèves de 6e d’Is-sur-Tille, mai 2015).

Article issu du dossier Pièce (dé)montée n°28


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