Couverture de Philoctète

Philoctète

de Jean-Pierre Siméon


Philoctète :Une réécriture

Si ce Philoctète suit plutôt fidèlement le dessin de la pièce de Sophocle et en retient la plupart des motifs visibles, il n'en est assurément ni une traduction (je ne lis pas le grec, hélas) ni une adaptation. A quoi du reste adapterait-on Sophocle ? Au goût du jour ? Pouah ! Au contexte socio-historique actuel ? Billevesées ! A notre oreille ? Soignons-nous plutôt l'oreille... De quoi s'agit-il donc ? D'une réécriture, d'une totale réécriture qui est réappropriation de l'objet originel dans une langue autre : ce qui signifie ici non pas du grec au français, mais d'une poésie à une autre. Donc pas une équivalence plus ou moins ajustée mais une métamorphose. Ce n'est pas affaire de remodelage mais de transmutation, une transmutation qui touche tous les composants de la matière langagière : vers, rythme, scansion, métaphores, distribution de la parole. Cela implique concentrations, expansions, suppressions, ajouts, libre improvisation (notamment pour la partition du choeur). Qu'est-ce donc que ce Philoctète ? Je pourrais dire - avec ce qu'il faut de prétention pour l'oser dire - : Sophocle tel qu'en lui-même ma poésie le change. Bref : ce texte n'est pas de Sophocle mais il n'eût pas existé sans lui.

Jean-Pierre Siméon