Salle d'attente

Écrit en 2010 - français

Présentation

Par «personkrets 3:1», l’administration de la ville de Stockholm désigne ceux qui vivent dans la marge. Dans la pièce, alcooliques, drogués, prostitués, psychotiques, SDF et chômeurs peuplent Sergelstorg, une place du centre de Stockholm, dont la matière première est le béton. Lars Norén a quitté l’univers clos des explosions familiales, le champ de bataille des couples de la tradition strindbergienne pour celui des marginaux. La pièce est un long fleuve de répliques et d’actions qui pourrait, semble-t-il, s’arrêter à tout instant mais qui forme en fait un univers micro-dramatique minutieusement construit, sous-tendu par une ironie constante et des critiques cinglantes. C’est une grande fresque dont la durée - variable selon les mises en scène - est une donnée importante. Description intense de ceux qui s’inquiètent chaque jour de leur survie, elle provoque chez le lecteur/ spectateur «la pitié et la terreur» dont parlait déjà Aristote: «Quand nous présumons que nous pourrions aussi en être des victimes, ou quelqu’un des nôtres, et que le danger paraît proche de nous», on s’identifie et éprouve alors de la compassion. Cette pièce qui semble à des année-lumière de la dramaturgie classique provoque pourtant les mêmes effets. Extrait de L’Arche Editeur