Ne plus afficher cette publicité - Je m'abonne - Je suis abonné(e)
Couverture de La Poupée barbue

La Poupée barbue

de Edouard Elvis Bvouma


La Poupée barbue :Présentation de la pièce

Cadre spatio-temporel

L’action se déroule au XXIe siècle dans un pays inconnu, que l’on peut supposer africain par rapport à certaines expressions idiomatiques, par rapport à un passé récent renvoyant aux conflits fratricides entre les ethnies Hutu et Tutsi et par rapport à l’embrigadement d’enfants-soldats.

Résumé

La Poupée barbue fait écho à A la guerre comme à la Game Boy du même auteur en donnant cette fois-ci la parole à la jeune fille enlevée par Boy Killer, enfant-soldat, pour qu'elle témoigne de sa vision de la guerre.
Peu après la fin d’une guerre civile entre les Mounguélé-nguélés et les Kimbililis, une fillette raconte ce qu’elle a subi. Elle s’est enfuie du camp de réfugiés où elle avait été recueillie pour retrouver Boy Killer, l’enfant-soldat qui l’avait enlevée. En attendant son réveil, elle lui fait part de sa vie, de ses peurs, de sa colère, de son enrôlement dans un groupe rebelle, de son viol collectif par l’ethnie ennemie avant de devenir le jouet sexuel des chefs de « son » groupe. Enceinte du « gros barbu » Mounguélé-nguélé, elle a accouché en cachette, a essayé de tuer « la poupée barbue » avant de rejoindre celui qu’elle considère comme le seul sur qui elle peut compter, Boy Killer.

Structure

L’histoire s’ouvre in medias res sur l’irruption de Benedicta qui s’est enfuie d’un camp de réfugiés et qui raconte chronologiquement les sévices qu’elle a subis auparavant à Boy Killer, présent mais muet.

Texte écrit en 5 actes, d’une dizaine de pages chacun, avec des titres en lien avec le monde de l’enfance - que n’a pas quitté la jeune fille - mais aussi en lien avec un sens plus symbolique ou en rapport avec le vécu de Benedicta :

1. Le chat et la souris (p. 9 à 16) : à la recherche de Chatoux, la petite fille rencontre trois Mounguélés-nguélés qui la violent à tour de rôle avant que ne surgisse Boy Killer qui les fait fuir et ainsi la sauve.
2. La poupée (p. 16 à 24) : Benedicta raconte qu’elle a accouché de l’enfant du viol, a essayé de tuer cette « poupée barbue » puis a fui le camp de réfugiés. Enrôlée dans la milice des Kimbililis, elle devient le jouet sexuel du commandant Sauve-qui-peut.
3. Les petit soldats (p. 24 à 32) : reléguée aux tâches de filles (faire le repas, cueillir les fruits, satisfaire les besoins des chefs), Benedicta donne sa vision sur les inégalités et injustices entre les deux sexes. La femme, considérée comme inférieure et faible, est exploitée tandis que les filles sont vues comme trop jeunes pour se battre mais assez âgées pour être violées… Elle décide alors de « jouer à la guerre », comme la fille-garçon Amazone AK-47, en prenant un nom de guerre, Beretta.
4. La marelle (p. 32 à 44) : Benedicta a fui le camp pour retrouver sa famille mais ses parents ont été tués par l’ethnie ennemie. Traitée comme une paria, elle se heurte à l’hostilité de sa tante. Elle revient dans le clan rebelle mais ment sur sa fuite en prétextant s’être perdue dans la forêt afin de ne pas être exécutée comme tous les jeunes fuyards. Elle est de nouveau violée par le Capitaine Belzébuth qui la menace si elle parle. Elle désire la mort de son violeur et empoisonne sa nourriture. Le Capitaine Belzébuth meurt mais elle ignore si c’est elle qui l’a tué ou si c’est la guerre.
5. Le puzzle (p. 45 à 53) : la guerre est officiellement terminée. Est annoncée une reconstruction du pays, les ennemis devant se réconcilier ce que refuse Benedicta/Beretta comme elle refuse de raconter à qui que ce soit tous les sévices subis. D’ailleurs, si Boy Killer répète ce qu’elle lui a confié, elle le tuera, malgré son amour naissant pour l’enfant-soldat. La pièce se clôt sur une question pleine d’espoir : « Maintenant qu’on est seuls au monde on fait quoi ? »

Thématiques

• Atrocités en temps de guerre : embrigadement de force, enfants-soldats, viols et abus des plus faibles, exterminations etc.
• Violences sous toutes leurs formes : conflits fratricides et épuration ethnique, assassinats, exclusions, humiliations, innocence bafouée, viols et ses conséquences (grossesse non-désirée, rejet et solitude, omerta et honte, maladies infectieuses…)
• Réflexion sur les premières victimes des guerres, sur le sort des femmes et des enfants
• Expression de la peur, de la colère et de la vengeance
• Parole comme exorcisme et témoignage
• Regard à la fois cru, lucide, mature et innocent de Benedicta
• Question finale présentée comme une ouverture, peut-être l’espoir d’une renaissance, d’une nouvelle vie après l’horreur

Personnage

Un seul personnage féminin : une très jeune adolescente, Benedicta qui veut se faire appeler Beretta, qui s’adresse à un adolescent soldat (présence muette) ce qui fait du texte un long monologue.
Petite fille fragile et forte, innocente (étymologiquement, Benedicta vient du latin benedictus, « protégé par Dieu, béni » d’où l’ironie tragique entre prénom et vécu) et vengeresse (choix d’un nouveau nom, Beretta, en lien avec le combat, la menace, la violence et la mort)

Langue

Langue contemporaine sans réelle difficulté de compréhension ; langue enfantine faussement naïve mais vision véritablement lucide sur le monde Écriture simple et expressive, parfois poétique, comportant des effets de rythme liés aux répétitions

Éléments scéniques

Didascalies - non dénuées de poésie ni d’humour - très sommaires en ouverture d’actes (en italique et en lettres capitales), jouant sur les mots, les sons, les images et les références culturelles

Niveau de difficulté

A partir de la seconde


imprimer en PDF - Télécharger en PDF

Ces fonctionnalités sont réservées aux abonnés
Déjà abonné, Je suis abonné(e) Voir un exemple Je m'abonne

Ces documents sont à votre disposition pour un usage privé.
Si vous souhaitez utiliser des contenus, vous devez prendre contact avec la structure ou l'auteur qui a mis à disposition le document pour en vérifier les conditions d'utilisation.