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Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée

de Alfred De Musset

Écrit en 1844 - français

Présentation

Un petit salon. La marquise, assise sur un canapé, près de la cheminée, fait de la tapisserie. Le comte entre et salue. Le Comte Je ne sais pas quand je me guérirai de ma maladresse, mais je suis d'une cruelle étourderie. Il m'est impossible de prendre sur moi de me rappeler votre jour, et toutes les fois que j'ai envie de vous voir, cela ne manque jamais d'être un mardi. La Marquise Est-ce que vous avez quelque chose à me dire ? Le Comte Non ; mais, en le supposant, je ne le pourrais pas, car c'est un hasard que vous soyez seule, et vous allez avoir, d'ici à un quart d'heure, une cohue d'amis intimes qui me fera sauver, je vous en avertis. La Marquise Il est vrai que c'est aujourd'hui mon jour, et je ne sais trop pourquoi j'en ai un. C'est une mode qui a pourtant sa raison. Nos mères laissaient leur porte ouverte ; la bonne compagnie n'était pas nombreuse, et se bornait, pour chaque cercle, à une fournée d'ennuyeux qu'on avalait à la rigueur. Maintenant, dès qu'on reçoit, on reçoit tout Paris ; et tout Paris, au temps où nous sommes, c'est bien réellement Paris tout entier, ville et faubourgs. Quand on est chez soi, on est dans la rue. Il fallait bien trouver un remède ; de là vient que chacun a son jour. C'est le seul moyen de se voir le moins possible, et quand on dit: «Je suis chez moi le mardi», il est clair que c'est comme si on disait : «Le reste du temps laissez-moi tranquille.»

Nombre de personnages

  • 1 homme(s)
  • 1 femme(s)