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Couverture de Cendrillon

Cendrillon

de Joël Pommerat


Cendrillon :Cendrillon : trois façons de commencer

1697

Il était une fois un Gentilhomme qui épousa en secondes noces une femme, la plus hautaine et la plus fière qu'on eût jamais vue. Elle avait deux filles de son humeur, et qui lui ressemblaient en toutes choses. Le Mari avait de son côté une jeune fille, mais d'une douceur et d'une bonté sans exemple ; elle tenait cela de sa Mère, qui était la meilleure personne du monde. Les noces ne furent pas plus tôt faites, que la Belle-mère fit éclater sa mauvaise humeur : elle ne put souffrir les bonnes qualités de cette jeune enfant, qui rendaient ses filles encore plus haïssables. Elle la chargea des plus viles occupations de la maison (...).

  • Charles Perrault : Cendrillon ou la petite pantoufle de verre, in Contes de ma mère l'Oye, Gallimard, Folio plus classiques, 2006

1812

Un homme riche avait une femme qui tomba malade, et quand elle sentit sa fin approcher, elle appela sa fille unique à son chevet et lui dit : «Chère enfant, reste pieuse et bonne, alors le Bon Dieu te viendra toujours en aide, et moi du haut du ciel je te regarderai et je veillerai sur toi.» Là-dessus elle ferma les yeux et mourut. La fillette se rendit chaque jour sur la tombe de sa mère et pleura et resta pieuse et bonne. Quand vint l'hiver, la neige mit un tapis blanc sur la tombe et quand le soleil du printemps l'eut retiré, l'homme prit une autre femme. La femme avait amené avec elle deux filles qui étaient jolies et blanches de visage, mais laides et noires de coeur. Alors les tourments commencèrent pour la pauvre belle-fille.

  • Grimm : Cendrillon, in Contes choisis, trad. Marthe Robert, Gallimard, coll. Folio Classique, 2000

2011

Je vais vous raconter une histoire d'il y a très longtemps... Tellement longtemps que je ne me rap-pelle plus si dans cette histoire c'est de moi qu'il s'agit ou bien de quelqu'un d'autre. J'ai eu une vie très longue. J'ai habité dans des pays tellement lointains qu'un jour j'ai même oublié la langue que ma mère m'avait apprise. Ma vie a été tellement longue et je suis devenue tellement âgée que mon corps est devenu aussi léger et transparent qu'une plume. Je peux encore parler mais uniquement avec des gestes. Si vous avez assez d'imagination, je sais que vous pourrez m'entendre.Et peut-être même me comprendre. Alors je commence. Dans l'histoire que je vais raconter, les mots ont failli avoir des conséquences catastrophiques sur la vie d'une très jeune fille. Les mots sont très utiles, mais ils peuvent être aussi très dangereux.

  • Joël Pommerat : Cendrillon, Actes Sud–Papiers, coll. Heyoka Jeunesse, 2012


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