Couverture de Bettencourt Boulevard ou une histoire de France

Bettencourt Boulevard ou une histoire de France

de Michel Vinaver


Bettencourt Boulevard ou une histoire de France :Les Personnages

Les personnages

dans l’ordre d’entrée en scène)

Chroniqueur
Eugène SCHUELLER, fondateur de L’Oréal
Rabbin Robert MEYERS
Liliane BETTENCOURT, fille d’Eugène Schueller, mère de Françoise François-Marie BANIER
Patrice DE MAISTRE, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt
Françoise BETTENCOURT MEYERS, fille de Liliane et André Bettencourt Lindsay OWEN-JONES, PDG de L’Oréal
Nicolas SARKOZY, président de la République
Dominique GASPARD, femme de chambre de Liliane Bettencourt
Joëlle LEBON, femme de chambre de Liliane Bettencourt
Claire THIBOUT, comptable de Liliane Bettencourt
Pascal BONNEFOY, majordome d’André Bettencourt
Éric WOERTH, ministre du Budget, maire de Chantilly, président du Premier Cercle Neuropsychiatre
André BETTENCOURT, mari de Liliane et père de Françoise, ancien ministre Florence WOERTH, femme d’Éric Woerth

Who’s who ?

Une des raisons de la complexité de l’affaire Bettencourt est le grand nombre de personnes concernées par celle-ci, de près ou de loin, que leur histoire n’aurait jamais dû amener à se croiser, mais qui tournent toutes autour de Liliane Bettencourt, telles des satellites autour d’une étoile.

On peut répartir les personnages en trois ou quatre groupes. Il y a les personnages centraux d’une histoire qui se raconte. Et je dirais que ce sont les personnages tragiques. C’est Liliane Bettencourt, sa fille Françoise, et François-Marie Banier. Mais j’ajouterais aussi trois domestiques dans le lot, qui vivent une histoire tragique parce que on a aussi affaire dans la pièce à ce qu’est le rapport maîtres-serviteurs qui est un rapport quasiment religieux et donc lorsqu’il y aura trahison, il y aura sacrilège. Voilà donc un premier groupe de personnages. Un deuxième groupe je dirais ce sont les comiques, ils sont six ou sept dans la pièce, ils s’appellent Woerth, de Maistre, comme ils s’appellent Owen-Jones, tous ceux qui ont d’une certaine façon flanché par rapport à ce qu’est le code que nous avons tous en tête qui est un code de conduite, un code de morale. Et puis il y a le chroniqueur qui est une catégorie en lui-même, celui dont j’ai évoqué la nécessité au départ.
Par ailleurs, il apparaît aussi que certains personnages se rattachent à plusieurs groupes, comme Claire Thibout, Patrice De Maistre et Florence Woerth, qui relèvent à la fois du monde des affaires et de celui des employés au service de Liliane Bettencourt.

... Certains personnages n’appartiennent à aucun groupe : le chroniqueur, François-Marie Banier et le neuropsychiatre. On notera qu’il s’agit des trois personnages dont seul le nom est donné dans la liste, sans autre précision ni de lien, ni de fonction. On en déduira aisément que le chroniqueur, par son essence même, se trouve en surplomb et n’appartient donc logiquement à aucun groupe. Le neuropsychiatre, lui, a une fonction qui l’exclut des groupes familiers. Quant à François-Marie-Banier, est-il surprenant de ne pouvoir l’intégrer à aucun des groupes “constitués” autour de Liliane Bettencourt ?

... S’ils sont tous réels, tous ne sont pas vivants au moment de l’affaire Bettencourt. Les positions d’”ancêtres” d’Eugène Schueller et du rabbin Robert Meyers, le premier étant le père de Liliane Bettencourt, déjà très âgée au moment où l’affaire éclate ; quant au second, le rabbin Robert Meyers, la lecture du début de la pièce nous apprend qu’il était mort à Auschwitz en 1943. Reste le personnage d’André Bettencourt, dont la mort en 2007 a précipité l’affaire en amenant Pascal Bonnefoy, son majordome, à réaliser les enregistrements cachés qui seront à l’origine du premier procès.

Comment représenter des personnages morts mais que l’auteur met en jeu comme s’ils étaient vivants ? La seconde question est d’ordre dramaturgique : comment définir une pièce de théâtre dont le propos est profondément ancré dans le réel, et en l’occurrence celui d’une actualité bruissant encore de ses nombreux retentissements, mais dont l’écriture n’hésite pas à s’écarter du réalisme en faisant coexister dans une même scène morts et vivants ?

Pour Michel Vinaver, les deux personnages d’Eugène Schueller et du rabbin Meyers “procèdent de l’épopée”.


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