Erik Satie - Mémoires d'un amnésique

de Agathe Mélinand

Écrit en 2012 - français

Présentation

Il est difficile de faire le portrait d’Erik Satie, il est délicat aussi de faire le tour de sa personnalité. Il se cache, il résiste, fait des blagues, vous tourne le dos et rentre toujours à Arcueil s’enfermer dans son gourbi où personne n’est admis. Ecrire un spectacle sur Erik Satie est un exercice inquiétant d’équilibriste. Où se diriger? De quel Satie parler ? Du jeune homme révolutionnaire en costume de velours ou du Satie définitif en costume de notaire – en habit de cheval ? Du Satie qui, à pied toujours, se rendait chez les Noailles au Faubourg Saint-Germain ou de celui qui, à Arcueil se couchait dans le fossé et faisait l ‘ivrogne ? Du Satie, pianiste au Chat noir ou élève très âgé de la Scola Cantorum (39 ans !) ou du Satie du Patronage laïque d’Arcueil Cachan où il accompagnait les cours de danse des petits ? Et ses dessins ? Et ses écrits ? Faut-il mettre en avants ses conférences loufoques, ses chroniques musicales, ses publicités déjantées, ses aphorismes, ses peurs et cris de rage sur papier ? Faut-il parler du Satie de Cocteau, de celui de Picabia, de John Cage ou de Picasso, faut-il parler de l’amant bref de Suzanne V. ou de l’ami de Debussy? La réponse était dans la musique qui dessine son seul vrai portrait.