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Pour un oui ou pour un non

mise en scène Bruno Dairou

:Présentation

Pour un oui ou pour un non est un chef d’œuvre de Nathalie Sarraute. Dans une mise en scène inspirée d’un univers à la Miró, à la fois décalée et absurde, deux amis proches, pour une expression maladroitement employée, déclenchent une guerre fratricide qui remet en cause leur amitié. Les mots se chargent de ridicule et d’absurde pour aboutir à une joute verbale qui fait de ce texte une tragi-comédie contemporaine unique. 
Nathalie Sarraute et Bruno Dairou nous embarquent dans un monde effrayant et drôle où les mots sont percutants et choisis avec précision.

EXTRAIT :

H1 - Eh bien, moi je sais. Tout le monde le sait. D’un côté, le camp où je suis, celui où les hommes luttent, où ils donnent toutes leurs forces... ils créent la vie autour d’eux... pas celle que tu contemples par la fenêtre, mais la vraie, celle que tous vivent. Et d’autre part... eh bien…

H2 - Eh bien ?

H1 - Eh bien…

H2 - Eh bien ?

H1 - Non…

H2 – Si. Je vais le dire pour toi... Eh bien, de l’autre côté il y a les ratés.

Notes de mise en scène

Nathalie Sarraute a décidé d’écrire du théâtre « en mettant le dedans au dehors », c’est-à-dire en s’intéressant aux réseaux souterrains qui grouillent sous la surface des choses et qui deviennent eux-mêmes la surface. La difficulté évidente pour le metteur en scène de cette pièce faite d’entrelacs souterrains éclatant d’intelligence, c’est donc que ce texte contient justement sa propre progression. En un mot, l’absence de psychologie des personnages est tellement absolue que la mise en scène repose sur la manière de s’emparer du texte pour les comédiens et le metteur en scène devenu accompagnateur. Et c’est ce pari qui pousse à vouloir monter ce texte exceptionnel : les choses sont inexprimées et la manière de les faire remonter vaut réalité obsessionnelle. Exprimées, elles ont la violence d’une source trop longtemps contenue : les mots dits coupent, cisaillent, fouaillent, acidifient, assèchent et contiennent leur propre humour, leur intime conviction, la révocation en doute jusqu’au procès imminent.

La mise en scène se doit de reprendre ces postulats : pas d’ombres portées mais quelques partis-pris au service du dit. Jusqu’à l’intervention des témoins, jeu sur la lumière minimal pour que les confidences s’agrémentent de la pénombre et n’utilisent leur énergie que pour aller vers l’éclatement programmé. Il faut aussi respecter les silences, les temps du phrasé, parce qu’ils sont inclus dans la respiration et dans la violence finale. La suite du texte peut être prise, au sens strict, au pied de la lettre : un procès en bonne et due forme avec une scénographie qui en rende compte.

Enfin, repérer avec les comédiens cette zone d’inversion des postures de dominant- dominé pour en tirer les mises en espace : l’utilisation d’un décor qui ne type pas l’espace pour être aussi bien domicile, au-delà, ailleurs, là-bas et en tout cas fort peu réaliste.

En fait, choisir de mettre ce texte en scène, c’est moins vouloir « exprimer l’inexprimable » que montrer la cruelle complexité des êtres révélée sous l’apparente banalité du langage quotidien. C’est le travail que j’ai souhaité mener avec les comédiens.

Bruno Dairou

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