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Petit Pierre

+ d'infos sur le texte de Suzanne Lebeau

:L’histoire

Ce spectacle est né d’une rencontre, tout d’abord avec le texte de Suzanne Lebeau puis avec l’oeuvre de Petit Pierre.
Cette rencontre s’est faite à la Fabuloserie à Dicy dans l’Yonne ou l’équipe de ce musée « d’art hors les normes » continue de faire vivre l’oeuvre de Petit Pierre. Ce spectacle est un hommage à cet homme dont l’ingéniosité, la naïveté, la persévérance et la poésie font résonner en chacun de nous la force des rêves d’enfants.
Pierre Avezard, dit Petit Pierre, est né en 1909. Né avant terme, « pas fini » comme il le dit lui-même, Petit Pierre n’a pas « les yeux à la place des yeux, il n’a pas d’oreilles, la bouche est tordue. Devant, derrière, sur le côté, il est difforme et malingre. ».
Mis sur la touche par la société à cause de son handicap qui déforme gravement les traits de son visage, il ne peut pas suivre une scolarité normale et devient dès 7 ans garçon vacher. Il apprend des rudiments de lecture et d’écriture grâce à sa soeur Thérèse.
Enfermé dans son silence « qui lui sert de cachette », « en marge du siècle et du progrès », il ignore tout des bouleversements que connaît le siècle. À la Coinche, la ferme du Loiret où il vit, il apprend tout des vaches, des champs et de leurs travaux, il apprend à semer, sarcler et observe.
« Tout ce qui bouge sur pattes ou sur roues » le fascine et il passe son temps à en décortiquer la mécanique ou le mouvement afin de reproduire à sa manière ce qui se meut autour de lui.
Il découpe des silhouettes dans de la tôle, récupérée sur des carlingues d’avions tombés pendant la guerre ou sur des bidons abandonnés qu’il martèle.
Ses personnages, ses animaux, ses engins, multiples scènes de la vie rurale, sont comme sortis de dessins d’enfants taillés dans du fer-blanc puis peinturlurés, construits de façon biscornue avec des matériaux et des outils rudimentaires Il ramasse des bouts de bois rongés par l’humidité, des bouts de corde, du fil de fer, des vieux pneus pour lui permettre de mettre en mouvement ses figurines.
Les mécanismes qu’il invente pour mettre en mouvement son monde de métal paraissent fragiles et précaires mais sont d’une ingéniosité qui déconcerte tout spécialiste de la mécanique. Tout son manège était mis en mouvement au départ par un pédalier de vélo qui au fil des ans et suite à l’irruption de la technologie dans les milieux ruraux fut remplacé par un vieux moteur de tracteur.
Petit Pierre passera quarante ans à fabriquer un manège d’une singulière beauté et d’une mécanique si complexe qu’elle reste un mystère aussi bien pour les ingénieurs que pour les experts.
Aujourd’hui, le manège de Petit Pierre tourne toujours à la Fabuloserie dans l’Yonne, permettant aux visiteurs ébahis de reconnaître dans cette étonnante machine poétique l’histoire de ce siècle que l’on vient de quitter.
Avec rien Petit Pierre a bâti un monde fait d’une poésie du dérisoire et d’une folie de la mécanique.
Il a su faire surgir de la vie, la magie d’une poésie simple avec les restes du quotidien.

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