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Pan !

mise en scène Thibaut Wenger

:Présentation

Ralf Pan, un enfant tyrannique

Sa personnalité est le concentré de cette constellation des trois traits, dite « la triade sombre. » Narcissique, il nourrit chaque jour sa grandeur. Machiavélique, il est en alerte permanente pour garder le contrôle absolu de l’histoire, voire de l’Histoire, et accapare constamment les médias. Psychopathe, il manipule son entourage et l’assujettit sans l’ombre d’une empathie.

Entre campagne présidentielle et concours de miss univers, on va suivre les étapes de son irrésistible et fulgurante ascension. Jusqu’à sa prise de pouvoir sur le théâtre même et la transformation du spectacle en un reality-show du plus mauvais goût…

6 acteurs jouent la valse de 14 personnages

Dès sa naissance, et même avant, le petit Ralf Pan est pétri d’ambitions, d’abord pour lui-même et ensuite pour le monde. Son racisme, sa misogynie, son égoïsme, sa violence, sa méchanceté, son incapacité à accepter les critiques n’ont aucune limite. Rien ni personne ne résistera à sa volonté, à sa supériorité, à ses caprices, à son ascension.

Sa sœur l’encombre ? Ce n’est pas une gynécologue réfractaire qui l’empêchera de s’en débarrasser. Ses parents bobo veulent l’amadouer par leur gentillesse ? Qu’à cela ne tienne. Ralf va les retourner comme des chaussettes. Son professeur de violon n’est pas capable de reconnaître son génie ? Il verra de quel bois il se chauffe. Et ce ne sont pas non plus le réalisateur sadique, la baby-sitter féline, le voisin violent et sa colonie de femmes battues qui vont lui voler la vedette !

Ralf Pan décode comme pas deux les comportements attendus en société et aime aller à contresens. Quel que soit le domaine, il lui suffit de tirer sur les ficelles pour voir apparaître des pantins incapables et appuyer ensuite sur les tabous et les faux-semblants dont ils s’auréolent. Il aime particulièrement être le centre d’émissions de télé-réalité survoltées, lesquelles lui rendent bien son amour, puisqu’il est prêt à tout pour atteindre son but : être miss Univers et le chef de maison…

Défoncer une porte pour entrer dans les consciences.

C’est en 2017, comme une réaction allergique à l’élection de Donald Trump et à tous les leaders machos du même genre, que Marius von Mayenburg écrit cette féroce comédie. Son titre claque comme un coup de révolver [Peng], et l’auteur tire sur tout ce qui réduit le monde à une vision manichéenne et prône des solutions simples pour le changer. En mieux, évidemment.

En frôlant l’absurde, sans complaisance ni ironie, mais avec quelques pensées très déplaisantes qui ont bien plus à voir avec nous-mêmes que nous ne le croyons, l’auteur défonce «une porte de derrière pour entrer dans les consciences, puisque la porte de devant est fermée ».

Et si la porte de devant est fermée, c’est autant par la bien-pensance généralisée, le politiquement correct que les relents mal digérés de l’histoire européenne.

« Je ne suis pas un ami de l’ironie. »

Dans un entretien avec Anne Berest, paru la revue du Théâtre du Rond–Point en 2005, Mayenburg dit :

« Je pars du principe qu’il n’y a pas une vérité mais des vérités différentes qui s’entremêlent. Ce qui contredit la logique. Cela nécessite alors – oui dans une certaine mesure – le recours à l’absurde. Il y a donc une dimension absurde, mais non pas ironique. Je ne suis pas un ami de l’ironie. Je sais qu’elle est très importante, en littérature notamment, mais je pense néanmoins qu’elle témoigne d’une sorte de lâcheté, dans la mesure où elle sert la dissimulation par l’écriture. Je recherche personnellement une écriture avec de l’humour mais sans ironie. Il y a d’après moi une différence. Lorsqu’on se remémore un événement, notre cheminement n’est pas logique, la mémoire ne suit pas un ordre chronologique : les événements nous reviennent entremêlés, parce que nos émotions les ont mélangés. C’est ce phénomène que je tente en tant que dramaturge de retranscrire. »

Pan ! est un fameux exemple de cet entremêlement de pensées et d’absurdités, … et quand on demande à l’auteur pourquoi il a choisi le personnage d’un enfant, il répond : « Quand quelque chose est impossible, il y a seulement deux catégories d’êtres humains qui répondent « je le veux quand même » : les puissants et les enfants. »

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