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Onysos le furieux

+ d'infos sur le texte de Laurent Gaudé
mise en scène Bruno Ladet

:Notes de mise en scène

RÉSUMÉ ...

Dans une station de métro de New-York, un homme s’adresse à nous, c’est Onysos. Il va nous raconter son histoire commencée depuis trois millénaires. Onysos parle, et au fil de son récit, il rajeunit. Il nous emmène dans les plaines mésopotamiennes où il renaîtra une deuxième fois après avoir été démembré. Il nous conduira à Babylone qu’il détruira, ainsi qu’aux enfers qu’il explorera à la recherche de sa mère. Il nous mènera sur les bords du Nil où il mettra à mort Penthée, puis fuira jusqu’à Akko où il découvrira l’amour. A Troie, la veille de sa chute, il inventera le théâtre pour réchauffer le coeur de ceux qui allaient mourir.

POURQUOI CHOISIR CE TEXTE ?

Si j’ai choisi ce texte, c’est d’abord parce que j’avais envie de revenir aux sources du théâtre. Laurent Gaudé donne ici plusieurs opportunités de s’y plonger, en s’emparant du mythe dionysiaque, en écrivant dans une forme proche d’un poème antique, porté par un seul personnage. Le monologue m’attire car après avoir travaillé les relations de plusieurs acteurs sur un plateau je voulais aborder de façon directe le rapport de l’acteur au public. Dans ce texte, le personnage raconte son histoire en s’adressant à un camarade. L’histoire d’Onysos est comme une épopée, un récit initiatique et le spectateur l’accompagnera dans sa traversée parce que le camarade à qui il s’adresse, c’est le public. La construction de cette pièce permet une frontalité et un lien avec les spectateurs que je recherche.

EN QUOI LA MYTHOLOGIE NOUS INTERESSE AUJOURDH'UI ?

Grâce à la mythologie il est possible d’aborder des évènements très violents, des situations et des personnages extrêmes, monstrueux, démesurés. Le personnage d’Onysos, qui est un dieu étonnamment proche de l’homme, libéré de toute morale, est troublant et nous permet de déplacer notre regard.
En effet ce texte propose un parallèle entre deux civilisations, deux espaces, deux temporalités : Cet homme sur le quai d’un métro de New York aujourd’hui, et Onysos prenant Babylone. Et dans la chute de l’opulente Babylone on peut voir un rappel discret mais néanmoins subtile que notre civilisation est mortelle. Onysos porte la parole de ceux qui sont humiliés dans notre société qui broie l’humain. A la violence de la civilisation, Onysos oppose sa fureur.
J’ai été particulièrement touché par la manière dont Laurent Gaudé aborde le thème délicat des inégalités et de la révolte qu’elle peut engendrer.
Le mythe dionysiaque évoque la folie des hommes en montrant la folie des dieux : la violence gratuite, l’orgueil, la volonté de toute puissance qui peut mener à la dictature.

Malgré tout ceci, Onysos le furieux reste lumineux, outre l’excès de plaisir (la transe, l’orgie) subsiste l’amitié, l’amour et la création. OU SE PLACE LA THEATRALITE DE CE TEXTE ?

L’écriture de Laurent Gaudé est d’une grande force évocatrice. Elle donne naissance à des mondes, fait exister des images et est très sensuelle. L’auteur n’hésite pas à utiliser des oppositions : son langage est à la fois cru et lyrique. Nous sommes dans l’épique, et le génie de Gaudé est de faire en sorte que le récit ne soit pas un frein à l’incarnation. Il nous donne une multitude de point d’appuis :
La sonorité et le rythme des phrases appellent la mise en bouche par le comédien. C’est une écriture à entendre.
Les passages d’une temporalité à une autre sont très fréquents et permettent différents degrés de fiction, et de jeu.
Les différentes adresses : le camarade, les personnages que convoquent Onysos et ceux qui s’invitent sur le quai, créent de la vie sur le plateau.

COMMENT CREER DES MONDES A PARTIR DE LA PAROLES ?

La parole est essentielle dans ce texte. C’est elle qui fait l’action et a le pouvoir de faire rajeunir Onysos. Elle met au défi de ne partir de presque rien, juste un homme qui raconte. Mais l’homme qui raconte est lui-même agit par son récit. Le travail du comédien c’est à la fois d’être un conteur, et en même temps de revivre l’intensité des moments qu’il conte. Mais aussi de prendre en charge les personnages qu’il crée, de les faire exister pour trouver de l’altérité sur le plateau. Et enfin il doit faire vivre la relation qu’il tisse avec le camarade.
Cette pièce offre la possibilité de mettre en abîme ce qu’est le théâtre, de montrer les artifices, de jouer sur l’illusion, de donner plusieurs lectures de la même image.
Je souhaite que la transformation soit à l’oeuvre sous nos yeux, que quelque chose se fabrique à vue et évolue tout le long du spectacle, à l’image du rajeunissement d’Onysos.
L’intime est aussi présent dans la pièce, Onysos parle des marques qu’il ne perdra pas. Il est mi-dieu mi-homme, son histoire est celle d’une personne qui traverse la vie avec les blessures et les cicatrices qu’elle peut provoquer, et malgré la fureur du personnage, la charge émotionnelle est grande.

Bruno Ladet

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