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Music-hall

+ d'infos sur le texte de Jean-Luc Lagarce
mise en scène Hervé Charton

:Notes d'intentions de Hervé Charton

A l’origine est l’envie de faire du théâtre, et d’en vivre. Pas simple. Chacun connaît les difficultés des intermittents du spectacle, rapport au régime d’indemnisation chômage et la réforme qu’il a subit en 2003, malgré une forte opposition et des critiques incessantes depuis. Mais le problème est plus profond, des sonnettes d’alarmes sont partout tirées dans nos théâtres ou à côté : on parle d’une crise de la condition spectatrice, le théâtre peine à se faire entendre, il est mourrant peut-être... Il devient surtout, comme tout le reste, objet de consommation. Et de tous les arts il est le moins rentable, ce qui signifie peu de prises de risques de la part des programmateurs, la parole donnée à l’établi séculaire (auteurs, metteurs en scène ou têtes d’affiche), et sa mort assurée dans notre société.

Monter Music-Hall, c’est vouloir faire entendre un auteur contemporain (qui n’est pas le plus à plaindre en ce moment, c’est vrai, mais dont la vie est l’exemple même de ce qu’il faut combattre, celle d’un artiste pauvre reconnu après sa mort), un texte exigeant, une véritable poésie, de l’écrit travaillé et pleinement ``littéraire’’ - croyance encore que la scène est un lieu privilégié d’une certaine littérature - en pleine conscience du contexte ci-dessus brossé. C’est vouloir en faire, en déplaçant, questionnant et brisant parfois ce dispositif théâtral qui semble poser problème (une scène et des spectateurs inactifs dans le noir), un spectacle populaire, proche, même s’il ne saurait y être réduit, d’un théâtre de tréteaux : facilement déplaçable, économique et festif. C’est choisir chez cet auteur, plutôt tourné vers l’intime et la sphère familiale, la seule pièce à peu de personnages (ce qui veut dire aujourd’hui ``spectacle bon marché’’) qui porte en elle la possibilité d’un discours social.

Car Music-Hall raconte d’abord une histoire de misère. Le Music-Hall, c’est la meneuse de revue et ses dizaines de danseurs, chanteurs et chanteuses, danseuses, le strass, les paillettes, les grands escaliers, l’orchestre New Orleans, et des montagnes de lumière. Le voilà ici réduit à son plus simple élément : La Fille, les deux Boys et le tabouret. Une misère. Et de raconter la misère du monde, un monde croulant sous la débauche et le manque de richesses, s’étiolant dans les mesures de sécurité, à la merci des goguenards de toutes les administrations possibles. De raconter, une fois de plus peut-être, la difficulté qu’on peut avoir à vivre des métiers du spectacle, et surtout poser, dans ce cas particulier mais par lequel on touche au général, la question de la survie - montrer ce que nous, futurs jeunes actifs, en nous saisissant de ce texte écrit pour de vieux baroudeurs du métier, faisant comme l’archéologie d’un spectacle déchu, avons de doutes et angoisses sur l’avenir.

Hervé Charton

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