Mue - Première mélopée

mise en scène Jean Lambert-wild

:Rêver pour penser à leurs pensées

Il nous faut réapprendre à rêver,
À chercher les lieux mystérieux,
Où,
Rassemblées,
Nos voix,
En chaînes de montagnes,
Ouvertes,
Sur mille gouffres, sur mille sommets,
Nous appelleront à nous transformer.
Car,
Il n'y a à attendre d'espace de communication sans mystère et sans espace commun,
Que de pauvres histoires,
Mises là pour nous permettre de franchir péniblement nos journées.
Ces espaces de communication sont les nouveaux espaces marchands de coercition,
Où le discours n'est la brèche
D'aucun évènement,
D'aucun éblouissement.
Mais ces barrages de mortmots,
Ne doivent pas nous arrêter.
Les paroles ne sont pas dites pour être écoutées !
Elles sont les barreaux d'une échelle offerte à qui veut s'élever.
Une échelle dont l'équilibre est assuré par l'effort de la communauté,
Et que chacun tour à tour peut gravir.
Car qu'est ce que parler veut dire ?
Si ce n'est se glisser,
À notre insu,
De l'autre côté de notre visage,
Au sein de notre vérité.

Voilà ce que m'ont réappris les A'Uwé Uptabi,
Les hommes de vérité de Etenheritipa.
Me glisser dans tous les ailleurs contenus de mes rêves,
Trouver la forme pour les partager,
Me déposséder de mes mots,
Et dire,
L’aube d’une Mue,
Qui ne m’appartiendra plus.

Jean Lambert-wild

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