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Accueil de « Les Démons »

:Présentation

Dostoïevski avait d’abord conçu Les Démons comme une œuvre de dénonciation et de combat, mais son génie visionnaire l’emporte. Le roman devait faire l’autopsie d’un certain nihilisme révolutionnaire débouchant sur le terrorisme. Au bout de trois ans d’écriture, toutes les figures de cette intrigue foisonnante, qu’elles soient conservatrices ou progressistes, ont conquis leur part d’ombre et leur épaisseur propre. Ce qui aurait pu n’être qu’une satire politique devint ainsi un chef-d’œuvre d’écriture plurielle : à la fois feuilleton au long cours et plongée hallucinée dans les ténèbres intérieures. Cette puissance d’une “mise en dialogue” généralisée, ici prise en charge par une distribution brillante, est au cœur du projet de Sylvain Creuzevault, qui poursuit son exploration (commencée en 2009 avec Notre terreur) des turbulences provoquées par l’invention moderne du politique, entre sacre de l’individu et toute-puissance du social. L’énergie de la représentation naîtra de la tension entre deux pôles : la pluralité des voix et des corps en débat ; l’intimité du sujet refermé sur ses propres penchants, et tenté par les vertiges de la mystique ou de la folie. Pour donner forme à cette tension, Creuzevault et ses amis resteront fidèles à leur processus de création : s’imprégner de connaissances, s’approprier la masse textuelle, puis “improviser, encore et toujours, jusqu’au moment où le spectacle apparaît.”

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