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Distribution

Présentation

Le Shaga est une pièce uniquement élaborée sur le langage.
C’est une langue qui n’existe pas et qu’une femme se met soudain à parler un matin en se réveillant.
J’ai voulu faire une pièce avec des mots, à partir des mots, mais non pas une pièce de mots.
J’ai voulu aussi démontrer ce que les idées reçues deviennent chez des gens dérangés psychiquement, qui parlent et que la parole entraîne.
Lorsqu’on attaque une institution, comme celle du langage, on est dans la subversion. C’est une transgression, Le Shaga.
Les écrivains n’en peuvent plus. On a envie de jouer avec les mots, de les faire servir à autre chose, et c’est ce que j’essaie de faire, de prendre un mot de le vider de son sens et de lui en redonner un autre.
Au fond de tout cela il y a une intuition de l’absurdité et ça c’est comme dans Les Eaux et Forêts, c’est tout mon théâtre. Et à la fin du Shaga, il y a quelque chose comme une ouverture chez ces fous qui est infiniment plus juste que celle des autres.
Leur mystère, c’est cette faculté fantastique de fabulation, qu’ils ont tous les trois. Là, ils décollent et ils vont très loin parce que le langage lui-même devient objet de dérision.

Marguerite Duras