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Le Roman d'un trader

+ d'infos sur le texte de Jean-Louis Bauer
mise en scène Daniel Benoin

:La Pièce

par l'auteur

“Je suis né à une époque où le baril de pétrole ne dépassait jamais 20 dollars. Assis sur le balcon de la maison familiale, je prenais le goûter face à l’océan avec mon frère… Nous étions trop petits pour comprendre que la mer est comme la bourse ; mais nous pariions souvent nos petits pains au chocolat pour savoir si elle montait, ou si elle baissait.”
Le Roman d’un trader raconte le week-end de panique d’une grande banque où le directeur général apprend qu'un jeune trader a joué 25 milliards et qu'à cause de la crise naissante des subprimes, il n'y a plus assez de liquidités pour purger l'affaire en douceur. Après avoir essayé en vain d’emprunter l’argent en cherchant l’appui du gouvernement, le directeur général fait tout pour sauver sa tête.
La pièce essaye de reconstituer le mécanisme et la gestion de la crise en restituant aussi les émotions des protagonistes, puis elle entre dans la pure fiction, car elle s’autorise de confronter le directeur général et le trader alors qu’ils ne se sont jamais vus en réalité. En effet, l'affaire Kerviel a été le point de départ de l'écriture du Roman d'un trader. Les personnages de la pièce sont le trader, le directeur général de la banque, sa femme, l'avocate particulière du directeur général, le supérieur hiérarchique du trader et le gouverneur de la Banque de France. Dans le lointain, on imagine le Premier Ministre… La pièce cherche à expliquer ces comportements profondément humains qui ont mené le monde dans la crise. Du trader, elle fait d’abord un joueur et un jeune homme qui a envie d’être reconnu et estimé, peut-être même aimé par ses supérieurs hiérarchiques. Mais il est aussi un adolescent attardé élevé au biberon des jeux virtuels… 25 milliards ne sont rien qu’une suite de zéros ; et le passage de la vie à la mort se fait sans douleur et dans les deux sens.
Après avoir observé que les grands financiers aiment recycler leurs milliards en investissant dans l’art contemporain, et que les grands financiers comme tous les hommes ont envie d’être reconnus, estimés et peut-être même aimés, nous avons inventé la femme du directeur général. C’est pour elle qu’il est sans limites, pour elle qui est à la fois sa femme et sa maîtresse, la mère de son enfant, et qui aime tant l’art contemporain, une ascèse qui lui permet de s’échapper et de s’élever au-dessus du réel.
Le Roman d'un trader c'est un peu "le roman d'un joueur", mais aussi "le roman des tricheurs".

Jean-Louis Bauer

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