Accueil de « Le Préambule des étourdis »

Le Préambule des étourdis

mise en scène Estelle Savasta

:Le Spectacle

Anatole

Anatole est né d’un tas de casseroles.
C’est là que le spectacle commence : sa naissance d’un tas de casseroles.
C’est lent, bruyant et difficile. C’est drôle et beau peut-être aussi.
Anatole est né.
Et de cette naissance, il reste quoi ?
Une casserole accrochée ici, une autre là.
Quelques casseroles, à cause desquelles, Anatole n’est pas tout à fait comme les autres.
Quelques casseroles qui intriguent, éloignent ou effraient.
Quelques casseroles qui demandent du temps, compliquent la vie, empêchent d’avancer, de dormir ou d’embrasser.
Et autour d’Anatole, il y a qui ?
Les autres.
Ceux qui s’inquiètent, ceux qui rigolent.
Ceux qui médisent, tricotent, chuchotent.
Et puis il y a Miette.

Miette

Miette a les os qui craquent comme le plancher d’une vieille maison et les joues traversées par des centaines de petits ruisseaux.
Miette parle une langue qui n’existe plus.
Ou qui n’a jamais existé.
Ou peut-être qui n’as existé que pour elle.
En tous cas, il y a bien longtemps que Miette a perdu sa tête et les clés de sa maison.
Miette est de ceux qui laissent des bouts d’eux même chaque fois qu’ils aiment un peu trop.
De ceux qui se laissent traverser par les vents et la lumière.
Qui ont voyagé longtemps sur la lune et n’ont pour eux que leur infinie douceur.
Dans sa langue inaudible Miette chuchote des secrets.

Et après...

Ce qu’il se passe après je ne sais pas.
Est-ce que ça s’allège les casseroles ?
Est-ce que si on leur tricote des sacoches, elles sont moins lourdes à porter ?
Est-ce qu’il faut tenter à tout prix de s’en défaire ?
Est-ce qu’il faut les violenter ? leur parler doucement ?
les consoler ?
Ou juste chercher ce qu’on peut faire de bon avec ?
Est-ce que ca se retrouve une tête perdue ?
Est-ce que ça se répare les morceaux de soi-même laissés au vent ?
Est-ce que ça se comble les fêlures qui laissent passer la lumière ?
Je ne sais pas. Anatole non plus.
Il cherche.
Moi aussi.
Il cherche avec Miette.
Moi avec toute une équipe.
Et l’envie de s’interroger ensemble sur ce que chacun fait de ses casseroles.
De se demander où elles nous empêchent, où elles coincent, où elles nous arrangent.
De se demander ce qu’on en fait.
De les mettre au pied du mur et de les pousser dans leurs derniers retranchements.
D’en faire des images poétiques, magiques ou burlesques.
S’aider de nouveaux magiciens pour concrètement laisser nos têtes ailleurs, et éparpiller des morceaux de nous-mêmes.
De ne tirer aucune conclusion.
De nos têtes ailleurs, de nos fêlures qui laissent passer la lumière, de nos séjours prolongés sur la lune, de ce que nous avons laissé de nous ici ou ailleurs, de nos handicaps minuscules, faire des poèmes pour les yeux.
Et avec nos poèmes pour les yeux raconter une histoire.
Raconter l’union qui fait la force,
Et la solidarité des ébranlés.

imprimer en PDF - Télécharger en PDF

Ces fonctionnalités sont réservées aux abonnés
Déjà abonné, Je me connecte Voir un exemple Je m'abonne

Ces documents sont à votre disposition pour un usage privé.
Si vous souhaitez utiliser des contenus, vous devez prendre contact avec la structure ou l'auteur qui a mis à disposition le document pour en vérifier les conditions d'utilisation.