« In yer face theatre » - Le Monde Merveilleux de Dissocia - Anthony Neilson, - mise en scène Catherine Hargreaves, - theatre-contemporain.net
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Le Monde Merveilleux de Dissocia

+ d'infos sur le texte de Anthony Neilson
mise en scène Catherine Hargreaves

:« In yer face theatre »

Après avoir été artiste associé du Théâtre National d’Ecosse, il est aujourd’hui artiste associé de la Royal Shakespeare Company. Il aurait été difficile de l’imaginer travailler avec une telle institution il y a quelques années. On le surnomme « le grand-père » du mouvement théâtral britannique « in yer face », « dans ta gueule », (théâtre dit d’affrontement, ne ménageant jamais son public, ayant souvent recours à un langage et à des images crus et parlant de la vie contemporaine. Ses représentants sont, entre autres, Martin Crimp, Sarah Kane, David Harrower, Mark Ravenhill…)
Le but du mouvement « in yer face » n’est en aucun cas comme le prétendent certains d’agresser le public mais de le provoquer émotionnellement pour que celui-ci s’implique dans ce qu’il voit. Et cette « provocation émotionnelle », pour rester authentique se doit d’évoluer constamment. Voilà pourquoi Anthony Neilson n’utilise absolument pas les mêmes procédés dans « Penetrator » (pièce écrite en 1997 sur la brutalité et la sexualité masculines, d’une extrême violence) que dans LMMD . Il veut trouver les moyens de « parler de thèmes sérieux avec le langage du théâtre de variété. » Il dit « ne pas vraiment avoir le sentiment d’avoir vu un spectacle « vivant » s’il n’y a ni chansons ni danses. Or, nous autres, artistes sommes bien là pour faire du spectacle. Le processus créatif devrait être amusant, bête et imaginatif ». Propos intéressants quand nous considérons qu’ils viennent d’un homme qui a pendant plus de 10 ans profondément choqué et bouleversé son public. Ce n’est pas pour autant un reniement de son passé. Ses pièces demandent toujours un engagement féroce et sans concession de la part des acteurs qui la jouent.
Le Monde Merveilleux de Dissocia est la première pièce qu’il propose dans cette nouvelle direction. Il s’attache dans ce texte à trouver les moyens de mettre en scène ce qui se passe dans la tête des gens, seul lieu qui, théoriquement, reste inviolé par la police, la société de consommation, et l’actualité. C’est un lieu absurde, inconnu, mystérieux, passionnant et infiniment théâtral.

  • « Pour Anthony Neilson le mythe de l’artiste en tant qu’outsider est encore très puissant. » Mark Ravenhill

Anthony Neilson a l’habitude d’osciller entre succès et galères car selon ses dires, c’est la nature même de son théâtre qui le demande. Cette constante remise en question de son art en fait un des auteurs et metteurs en scène contemporains les plus excitants du Royaume-Uni. Mark Ravenhill dit que pour Anthony Neilson, « le mythe de l’artiste en tant qu’outsider est encore très puissant ».

Il cherche sans cesse à renouveler la forme théâtrale autant dans son écriture que dans ses mises en scène. Il préfère assumer une pièce « avec des défauts, mais qui se montre ambitieuse que de ne pas prendre de risques ». Pour rester le plus viscéral et le plus sincère possible, il continue à écrire la pièce pendant les répétitions et même à quelques heures de la première si nécessaire. C’est ce qui fait aussi que ses pièces sont toujours d’une étonnante actualité et qu’il n’est jamais là où l’on attend.

En juin 2008, il met en scène « Relocated », une pièce qui a engendré une grande polémique. Cette s’inspire d’un fait divers anglais (Maxime Carr, une jeune institutrice écossaise accepte de servir d’alibi pour son petit ami qui a tué deux petites filles) et du tristement célèbre fait divers autrichien (la séquestration de sa fille dans la cave par Josef Fritzl). La tension est d’une telle précision dramatique que des spectateurs quittent la salle, d’autres parlent de leur plus grand choc théâtral depuis des années.
En août 2008, lors d’un festival pluri-disciplinaire (festival Latitude), des spectateurs incrédules ont dû fuir quand des membres de la prestigieuse troupe de la RSC, déguisés en zombies foncent sur eux et les poursuivent jusqu’à la rivière en aval, interrompant ainsi la « fausse pièce de la RSC » qui était en cours.