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La Mémoire de l'eau

Nathalie Pernette (Chorégraphie)


:Édito

Stéphanie Ruffier

  • «  Aidons l’hydre à vider son brouillard. »
  • Stéphane Mallarmé, Divagations, 1897.

Comment accueillir le trouble ?

La danseuse Nathalie Pernette confie qu’elle ne sait pas nager, a horreur de l’eau, surtout de la haute mer, nocturne, agitée, insondable. Dans La Mémoire de l’eau, elle choisit pourtant de braver cet élément « pour se familiariser avec la peur, s’y baigner, en sonder les profondeurs, les chatoiements, pour la conjurer  ». En ces temps incertains de crise sanitaire, où rien n’est sûr ni limpide, où les salles de spectacle restent closes, où le contact physique avec l’autre est devenu source de risque, son geste chorégraphique nous invite à domestiquer nos inquiétudes.

Ce spectacle-laboratoire, rencontre entre danse et eau, convie les élèves à jouer eux aussi avec une matière insaisissable et impermanente, à déceler dans les gestes du quotidien – se laver, éclabousser, verser, transvaser, effleurer la surface, tremper un doigt... – les esquisses d’une chorégraphie. Dans un réjouissant ressac entre l’art et la vie, ils envisageront une démarche artistique qui poétise le quotidien, sublime l’extra-ordinaire tout en y insufflant de l’étrangeté.

Au-delà de notre rapport familier à l’élément liquide, la compagnie Pernette nous entraîne dans un entre-deux mondes fantastique et vaporeux. Dans le sillage d’inquiétantes légendes, les jeunes spectateurs frayeront parmi les êtres étranges et les monstres des abysses, envisageront les pouvoirs paradoxaux d’une eau aussi fertile que dangereuse, et la tentation de la dissolution.

Le lieu de la représentation invite aussi à l’inattendu et au flottement. Dans des piscines municipales ou des espaces aquatiques naturels, le public se verra déplacé, fasciné par un décalage qui tient de l’inconfort comme de la surprise  ;  manière de laver les regards et de proposer un autre rapport à l’espace.

Ce dossier est l’occasion de familiariser les élèves avec l’univers d’une grande chorégraphe de notre temps qui se saisit de l’espace public. En interrogeant notre relation à l’eau, l’imaginaire et le mouvement qu’elle génère, il incite à sortir de la salle de spectacle, à bousculer les lignes scénographiques.

Plongeons dans le grand bain !

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